La Fed fait rechuter le dollar et flamber l'or
La Tribune
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Si pour contrer les pressions déflationnistes qui les taraudent, Ben Bernanke et ses pairs de la Fed avaient fait en sorte de créer de l'inflation importée, ils ont réussi un coup de maître. Mais il n'est pas sûr que leurs partenaires apprécient. Car c'est une chute radicale du dollar qu'a provoqué le communiqué diffusé à l'issue de la réunion de la banque centrale américaine dans la soirée de mardi, chute qui s'est amplifiée hier. Et une nouvelle flambée de l'or, qui a pulvérisé un nouveau record historique, le cinquième consécutif, se hissant à 1.293,50 dollars au fixing de Londres. Sur le Comex, le marché à terme américain, l'once de métal jaune pour livraison décembre est même venu flirter avec les 1.300 dollars, montant au plus haut jusqu'à 1.298 dollars, propulsée par le jeu de bascule désormais traditionnel qui l'oppose au billet vert.Car c'est un double message, dommageable pour le dollar, qu'a délivré la banque centrale. Au-delà de son diagnostic morose sur l'économie, la Fed s'est déclarée « prête à faire un geste supplémentaire si nécessaire pour soutenir l'activité économique et faire remonter à terme l'inflation à un niveau qu'elle juge plus approprié avec son mandat de soutien du niveau de l'emploi et de maintien de la stabilité des prix ». Sous entendu : le risque de déflation l'emporte sur la menace d'inflation et la Fed est prête à activer un programme bis d'assouplissement quantitatif via des achats de titres hypothécaires et d'emprunts d'État, comme elle l'avait fait dans la première phase de la crise économique et financière. Il n'en fallait pas moins pour faire sortir de leur tannière les vendeurs de dollars. En reflux précipité face à pratiquement toutes les grandes monnaies, notamment au franc suisse, remonté à son plus haut niveau depuis deux ans et demi, le billet vert a dérivé jusqu'à 1,3440 pour 1 euro, son plus faible cours depuis six mois. Et l'on voit mal ce qui pourrait interrompre cette rechute, car la remontée parallèle du yen (jusqu'à 84,40 pour un dollar contre un point bas récent de 85,95) devrait inciter les autorités monétaires japonaises à intervenir à nouveau sur le marché des changes. Or, leur première salve depuis 2004 la semaine dernière avait été le détonateur du mouvement de reprise de l'euro face au dollar. Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d'Etat ont poursuivi leur spectaculaire décrue. Les taux des « Treasuries » à deux ans, les plus sensibles aux anticipations de politique monétaire, ont pulvérisé un nouveau record historique, refluant un moment en dessous de 0,41 %. De leur côté, le rendement des « T-notes » à dix ans se détendait jusqu'à 2,52 % hier, contre 2,80 % à la veille du week-end. Les marchés ont l'assurance que la Fed maintiendra son taux directeur à un niveau voisin de zéro pendant encore un long moment.
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