Ce talentueux Shizuka Kamei

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chronique des marchésIl y a le yen fort. Il y a le vieillissement de la population. Et parmi les fléaux qui maintiennent la courbe de l'indice Nikkei désespérément plate, il y a Shizuka Kamei. Le ministre des Services financiers choisi par Yukio Hatoyama est la pire contre-publicité possible pour le marché de Tokyo plombé depuis vingt ans. Shizuka Kamei est tout ce que la finance rejette. Lorsque Heizo Takenaka, son prédécesseur sous Junichiro Koizumi, avait lancé la privatisation de groupes publics et parapublics (la Poste par exemple), Kamei l'avait qualifié d'« agent des vautours américains ». Depuis, il multiplie les propositions fracassantes, comme celle d'un moratoire obligatoire sur les prêts des banques aux particuliers et aux PME. Vendredi dernier, il a remis en cause l'indépendance de la Banque du Japon. « Le parti au pouvoir a besoin de l'appoint électoral du parti de Shizuka Kamei au Sénat pour faire adopter des lois. C'est pourquoi Yukio Hatoyama l'a nommé à ce poste, qui est le moins important du gouvernement », explique un lobbyiste. Shizuka Kamei a un espace de nuisance réduit, encadré par le ministre des Finances, le très compétent Hirohisa Fujii, et son vice-ministre, Kohei Otsuka, issu de la très respectable Banque du Japon, qui freine ses initiatives intempestives. Reste que l'image de ce ministre est désastreuse. Surtout pour les investisseurs étrangers, qui réalisent plus de la moitié du volume des transactions. Une gérante de fonds se lamente : « En Asie, nous sommes le seul marché qui ne soit pas reparti à la hausse ! » « Il y a aujourd'hui plus de fonds qui opèrent en Indonésie qu'au Japon. C'est dément, quand on pense à la différence de taille des deux places », s'indigne l'investisseur indépendant Laurent Halmos. Régis Arnaud, à TokyoShizuka est la pire contre-publicité possible pour le marché de tokyo plombé depuis vingt ans.

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