Les stratèges majoritairement confiants pour les places émergentes
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Pas de panique ! En dépit des performances fulgurantes réalisées par certains marchés émergents cette année, les stratèges actions demeurent pour la plupart optimistes. Selon Reuters, les experts des grandes banques occidentales estiment que l'indice MSCI Emerging Markets - qui a gagné 13,6 % depuis le début janvier - finira 2011 à 1.463 points, un bond de 30 % par rapport à son niveau actuel et un gain de 9,7 % sur son record du 29 octobre 2007.« La forte performance enregistrée cette année devrait se poursuivre en 2011 », assure Allan Coway, responsable des actions émergentes de Schroders. Sur ces marchés, « la croissance des bénéfices devrait ressortir autour de 20 % au cours des douze prochains mois », ajoute l'investisseur, précisant que ces places « devraient être les principales bénéficiaires de la seconde phase d'assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale ». Pour 2011, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une croissance de 6,4 % des économies émergentes, un rythme trois fois plus élevé que pour les pays industrialisés. Dans ce contexte, Mark Mobius, le président exécutif de Franklin Templeton, surnommé « le gourou des marchés émergents », s'affirme « relativement optimiste ».Tous les opérateurs ne tiennent pas ce discours. Barclays Capital a averti ses clients qu'il était « désormais légitime de se demander si l'afflux de liquidités vers les émergents » pouvait se poursuivre à un tel rythme. L'Institut de la finance internationale (IFF) ne le croit pas et estime qu'en 2011 les flux injectés dans les portefeuilles en actions dédiés à ces régions atteindront 143 milliards de dollars, contre 186 milliards en 2010. Mais l'attrait des émergents restera patent : entre 2005 et 2009, ces flux s'étaient en moyenne inscrits à 62 milliards de dollars par an.Le camp des optimistes note que la valorisation moyenne des actions émergentes - représentant 11,5 fois leurs bénéfices attendus - n'émet pas de signal avant-coureur d'une bulle. De plus, seuls 16 % des fonds en actions, soit 1.500 milliards de dollars, sont dédiés aux émergents. La capitalisation boursière des 37 pays de l'indice MSCI qui leur est réservé représente moins d'un tiers de celle des sociétés du S&P 500. Mais gare à l'euphorie. Royal Bank of Canada prévient que diriger vers les émergents 1 % des volumes investis en actions et obligations dans le monde équivaudrait à y injecter 500 milliards de dollars, soit 10 % de la capitalisation du MSCI Emerging Index. Le risque de bulle et le camp des sceptiques risqueraient alors de sensiblement grossir. Éric Chalmet
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