La banque centrale sud-africaine tentée de mettre fin à son cycle de baisse des taux

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« La banque centrale n'est pas une entreprise dont le but est de faire des profits. » C'est en ces termes que Gill Marcus, le gouverneur de l'institution monétaire sud-africaine a remis vertement à leur place ses actionnaires ? la banque est sous contrôle privé ?, en les qualifiant de « cupides » alors qu'ils réclamaient une augmentation de leur dividende. Gill Marcus a, il est vrai, des défis plus importants à relever. Parmi eux, la hausse des prix de l'électricité ? attendue entre 20 et 35 % ? qui doit être annoncée ce mercredi par les régulateurs et pourrait nécessiter plus de vigilance encore de la part de son institution dans le pilotage de la politique monétaire.Comme le rappelle un économiste d'Old Mutual Investment, « l'économie sud-africaine laisse entrevoir un début de reprise, mais ces augmentations de tarifs risquent d'alimenter l'inflation ». Et, par ricochet, ajoute-t-il, de « mettre fin au cycle de baisse des taux ». « À court terme, ces hausses de prix risquent de faire grimper les coûts de production des entreprises », relève Jürgen Maier, gérant chez Raiffeisen Capital Management. « À moyen et long terme, en revanche, les effets seront positifs. Elles devraient permettre l'entrée de nouveaux producteurs indépendants sur ce marché, et a fortiori, une amélioration de l'offre. »Craignant de voir l'inflation s'installer au-dessus de la cible de 6 % (en janvier, elle a atteint 6,4 %), en prévision justement de cette future hausse de ces tarifs, le comité de politique monétaire a d'ores et déjà préféré depuis janvier s'en tenir au statu quo et maintenir le taux directeur à 7 %. De décembre 2008 à décembre 2009, il avait été baissé à six reprises. Et ces baisses, au regard des derniers chiffres de la croissance du PIB, pourraient s'avérer suffisantes. En effet, la croissance plus forte que prévue au dernier trimestre 2009 a conduit le gouvernement à revoir ses prévisions de croissance, de 1,5 % à 2,3 %, pour l'année en cours. Pour Jürgen Maier, la banque centrale serait donc proche d'un « point de retournement ». Sans compter, ajoute-t-il, qu'à moyen et long terme, « le rand devrait continuer de se raffermir, même si sa récente trajectoire (+ 22 % face au dollar l'année dernière) lui a valu de se déprécier depuis le mois d'octobre face au billet vert.?» Marjorie BertouilleDe décembre 2008 à décembre 2009, le taux directeur avait été baissé à six reprises et ces baisses pourraient s'avérer suffisantes.

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