L'Italie veut protéger ses firmes contre les OPA

Pour l'Italie, la prise de contrôle de facto de Parmalat par Lactalis a été la goutte de lait de trop. Au nom de la défense de « l'italianité » de ses entreprises et en réponse à une succession d'acquisitions de la part de groupes étrangers, en particulier français, le conseil des ministres du gouvernement Berlusconi a tenté mercredi de dresser une barrière législative. Comme il l'avait menacé au cours des jours précédents, le responsable de l'Économie Giulio Tremonti prépare un décret-loi qui prévoit notamment l'obligation d'obtenir l'autorisation préalable du gouvernement pour toute OPA étrangère dans certains secteurs considérés comme stratégiques pour l'industrie transalpine. L'objectif est de « protéger » les groupes énergétiques, agro-alimentaires, de défense et de télécommunications de la péninsule.Mesure de rééquilibrageAlors que le joaillier Bulgari est récemment tombé dans l'escarcelle de LVMH, que EDF lorgne Edison ou encore que Lactalis est monté, mardi, à 29 % du capital de Parmalat, Rome explique qu'il s'agit d'une mesure de rééquilibrage. En clair, le texte ne serait que la version italienne de la norme présentée en 2006 par le gouvernement Villepin à la suite de l'offensive de PepsiCo sur Danone. Le document italien approuvé mercredi prévoit aussi la prorogation à 180 jours (contre 120 jours actuellement) du terme pour les assemblées générales des sociétés, ce qui, dans le cas de Parmalat, devrait permettre de renvoyer la réunion, initialement prévue le 14 avril, au 30 juin. D'ici là, Rome espère trouver des moyens de freiner la montée en puissance de Lactalis. Déjà mardi, le fisc italien, sous responsabilité directe du ministre Tremonti, a annoncé que des vérifications seront effectuées sur « la taxation en Italie des revenus qui dérivent » de la vente des participations de Parmalat et de Bulgari respectivement à Lactalis et LVMH. « D'autres hypothèses d'interventions pourront prendre la forme d'amendements au décret-loi » a précisé le ministère de l'Économie et des Finances qui espère, en attendant, l'arrivée d'un « chevalier blanc » italien pour Parmalat.Dans sa bataille, Giulio Tremonti a reçu le soutien de l'ancien président du Conseil et ex-président de la commission européenne Romano Prodi qui a évoqué la nécessité d'une réciprocité : « La France ne peut pas profiter de son monopole pour faire ses achats à l'étranger ».« Nous veillerons sur le respect de la législation européenne en matière de concurrence et de marché intérieur » a toutefois fait savoir le porte-parole du commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier en réaction au projet du décret-loi italien.Robert Lavéran, à Rome

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