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Quels patrons pour demain ?

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Publié le 23 mars 2011 à 20:25 - Mis à jour le 23 mars 2011 à 20:25

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ChroniqueNous restons toujours sur les mêmes clichés à propos des patrons, sans chercher la nécessaire adaptation que nous demandons aux hommes politiques, aux salariés, aux syndicalistes, etc. Il est communément admis que :1 - les banquiers sont des ordures ; 2 - les grands patrons sont des goinfres sans mérite ;3 - le petit patron est un souffre-douleur ; 4 - l'entrepreneur a les ailes « coupées » ; 5 - l'actionnaire est un ogre totalitaire qui capte tout l'argent des salariés.La réalité est tout de même assez différente et, même si nos chers grands patrons sont très bien payés, ils n'ôtent le pain de la bouche de personne. Ce qui est intéressant en revanche, c'est la marge de progrès en termes de management : leur rapport détestable avec les fournisseurs - sachant qu'ils n'y sont pour rien (bien sûr !) et qu'il s'agit de la politique du directeur des achats... -, leur incompréhension parfois face aux transformations sociétales et au rapport au travail, leur fâcheuse tendance à l'entre-soi et leurs préoccupations majoritairement financières. En outre, il faut cesser de dire que les salariés sont mieux traités dans les PME, c'est une contrevérité. Certes, la dimension humaine de l'équipe est peut-être plus sympathique dans une petite boîte, mais les grands groupes ont des moyens et des garanties sans égal : DRH, comité d'entreprise, politique salariale plus généreuse, possibilité de lutter contre le harcèlement, accord plus favorable sur le temps de travail... Notre « petit » patron, lui, estime souvent qu'il a autre chose à faire que de s'occuper des états d'âme de ses salariés et il supporte mal qu'on regarde sa montre quand le client appelle après 17 h 30 !Moyennant quoi il faut aussi réfléchir à améliorer la « race patronale » dans son ensemble. D'abord, parlons anglais, tous et couramment. Sortons de nos frontières géographiques et intellectuelles ; arrêtons de croire qu'exporter consiste à vendre dans le département d'à côté. Revalorisons la vente sous toutes ses formes. Acceptons d'aller à la conquête des médias. Formons davantage nos salariés. Intervenons dans les universités et les écoles... Non pas que les patrons français soient déficients mais il nous faut progresser plus et plus vite. Le patron français est... très français ! Et, s'il se plaint légitimement du harcèlement fiscal ou social, il est aussi drogué aux aides de l'État, son raisonnement est imparable : il ne sait pas ce qui va lui tomber dessus le trimestre prochain, aussi profite-t-il de chaque soupçon d'effet d'aubaine, la dernière en date devant être la « promo apprenti ».Tout cela nous empêche de nous projeter dans l'avenir et c'est toute la France qui doit changer de mentalité : les patrons d'abord, de tous bords et de tous secteurs... L'effet d'entraînement doit prioritairement venir d'eux, car la politique est à la remorque de l'économie, qu'on le regrette ou non. Le fameux retour de l'État, supposé nous rassurer dans la crise, dépend en fait de la capacité des entreprises à générer de la croissance pour financer nos peurs et les mesures qui, au passage, nous appauvrissent... Un cercle vicieux ! C'est pourquoi il faut que tous les patrons jouent le jeu et se remettent en question dans leur management, dans leur stratégie, avec une vraie éthique envers tous ceux qui dépendent d'eux (sur ce point le récent rapport de Jean-Claude Volot sur le traitement des fournisseurs révèle un vrai scandale). Quant à atteindre un meilleur ratio de « grosse PME » (il n'y a qu'en France qu'on peut être une grosse-petite et moyenne entreprise !) ou de « taille intermédiaire » (une expression guère plus grisante), il faut pour cela une meilleure capacité à déléguer. Un vrai défaut français que la méfiance : « Ça ira plus vite si je le fais moi-même », « À qui voulez-vous que je puisse confier ça ? », « Je ne trouve personne à recruter »... Ne pas déléguer est la traduction patronale d'un manque de confiance national. Les PME ne franchissent pas le cap de la petite structure majoritairement parce que le patron est un homme à tout faire qui a peur de recruter, donc de déléguer.Pour progresser, il faut pouvoir imaginer, échanger, s'amender mais aussi se féliciter, donner envie ; dommage que nous n'ayons pas de héros médiatiques auxquels les jeunes et moins jeunes pourraient s'identifier en dehors des 3 ou 4 Web stars ! Tout cela est l'objet du colloque annuel « Quels patrons pour demain ? » organisé à l'initiative du mouvement patronal Ethic (1). Il faut desserrer les freins de nos 2,5 millions d'entreprises... parce qu'elles le valent bien ! (1) En partenariat avec IPE, Primagaz, Regus, Pole emploi, Fédération du service aux particuliers, Ecofi, Foires Salons Congrès Événements de France, DDB, NIM France, Top Management, « La Tribune », BFM Business.

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