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Le climat de la peur

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Publié le 24 mars 2010 à 10:26 - Mis à jour le 24 mars 2010 à 10:26

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Une tempête médiatique suite à des révélations pour le moins peu flatteuses. Entre la fonte des glaciers himalayens, prévue pour « l'an 2035 ou avant », ou le risque de destruction imminent de « 40 % des forêts amazoniennes », les prédictions les plus alarmantes du rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat) de 2007 se sont révélées fausses. Qui plus est, elles ont été utilisées par les militants afin de promouvoir leur point de vue, tel Al Gore lorsqu'il déclare qu'« il nous reste juste dix ans avant d'éviter une catastrophe majeure ». Néanmoins, il faut reconnaître que le travail du Giec sur les fondamentaux scientifiques et sur le changement climatique reste solide et incontesté. Le réchauffement climatique est réel et dû à l'homme, que nous l'acceptions ou non, et nous devons agir. Mais la question qui se pose est de savoir si l'on doit faire peur aux gens afin qu'ils réagissent.Le Giec, longtemps considéré comme un digne corécipient du prix Nobel en 2007 avec Al Gore, se retrouve aujourd'hui au centre d'un scandale dépassant toutes frontières, accusé d'avoir effrayé le public. Pour ce qui est des fausses prédictions, comme les glaciers, elles provenaient de deux entretiens avec un scientifique indien en 1999, qui expliquait qu'un jour des études scientifiques prouveraient ses assertions. L'étude ne s'est jamais concrétisée, mais ses dires se sont retrouvés dans un rapport du World Wildlife Fund, qui a été par la suite cité dans le rapport du Giec. Pareil pour une autre étude du Giec qui prédisait que le réchauffement climatique allait très bientôt détruire la moitié de la forêt amazonienne ; elle venait en fait d'un autre rapport du World Wildlife Fund, qui ne citait qu'une seule étude scientifique, entièrement dédiée aux activités humaines comme l'abattage et le feu.D'autres erreurs flagrantes sont présentes dans ce rapport. Elles se ressemblent toutes, en exagérant ou en simplifiant des données douteuses afin de crédibiliser des affirmations apocalyptiques. Le Giec a admis sa part d'erreur en concédant que la fonte des glaciers himalayens a été « pauvrement corroborée ». Mais le problème est en fait bien plus grave, étant donné que l'auteur principal du rapport a déclaré qu'il savait bien, avec ses collègues, que les prédictions étaient incorrectes, mais les avaient tout de même soumises au rapport en espérant que cela « influencerait les décideurs politiques et les encouragerait à prendre des décisions ». En d'autres termes, ils faisaient de la politique au lieu de la science.Bien que le travail du Giec fût important, son usage politique est indéfendable : la fin ne justifie pas les moyens, et nous ne pouvons pas accepter une politique de défaite de leur part. Bien évidemment, des statistiques choquantes avec des belles phrases nous feront tous prêter attention à leur discours. Mais nous devenons de plus en plus insensibles à tout cela, et nous rentrons dans un cercle vicieux ou sans scénario dément, rien ne nous émeut. Plus les histoires deviennent rocambolesques, plus elles risquent d'être exposées - et d'ébranler la confiance du public. Cela explique en partie les résultats d'un sondage récent par le Pew Institute aux États-Unis, qui démontrait que l'inquiétude du public face au réchauffement climatique avait décliné précipitamment ces trois dernières années.Pour le Giec, le point de non-retour était le mois dernier, quand l'Inde annonçait qu'elle créait sa propre commission sur le réchauffement climatique afin de surveiller ses effets. L'Inde avait déjà évoqué des doutes sur les prédictions concernant la fonte des glaciers du Giec à l'automne dernier, doutes qui avaient été écartés par R.K. Pachauri, le président, comme de la « science de sorcier ». « Il n'y a qu'un pas à franchir entre la science climatique et l'évangélisme climatique », avait décrété le ministre de l'Environnement indien, Jairam Ramesh.Après vingt ans d'inaction pour contrer le réchauffement climatique, une certaine frustration est compréhensible. Mais les tactiques de la peur, même bien intentionnées, ne sont pas la solution. La science climatique est subtile et est une discipline diaboliquement tortueuse, qui ne peut se traduire par une solution simple ou des prédictions sans équivoques. Effrayer les gens n'aidera pas. La peur peut être très motivante, mais ne sert à rien lorsqu'il s'agit d'un sujet aussi compliqué et qui requiert toute notre intelligence. n (*) Bjorn Lomborg est « environnementaliste sceptique », ancien directeur de l'Institut danois d'évaluation de l'environnement.Point de vue Bjorn Lomborg (*) Directeur du Copenhagen Consensus Cente

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