Rien ne va plus au sein

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Les signes de méfiance entre les deux puissances du G2 se multiplient. Le Sénat américain doit examiner dans les jours qui viennent un projet de loi sur la cybersécurité des Etats-Unis, déjà voté à une majorité écrasante par la chambre des représentants. Les attaques dont a fait l'objet Google en Chine ont été un signal d'alarme : tout un cyber arsenal se met en place outre-Atlantique pour lutter, notamment, contre des menées chinoises. Lundi soir, Google a pris une mesure symbolique en repliant sur Hong Kong son site chinois : en tapant Google.cn, les internautes sont automatiquement redirigés vers Google.com.hk. Une version du moteur de recherche américain protégée en théorie, mais en théorie seulement, de la censure de Pékin. Google avait récemment menacé de purement et simplement quitter un marché pourtant prometteur. « C'est parfaitement inacceptable. Nous sommes absolument opposés à la politisation de problèmes commerciaux », a déclaré un responsable chinois anonyme, après l'annonce de Google.L'art de l'esquivePas de choc frontal, donc, mais une aigreur de ton révélatrice de tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine. Fini l'élan de solidarité chinois sur la lutte contre le terrorisme dont avait bénéficié le président George W. Bush. Sur fond de crise économique et de maintien artificiel de la valeur du yuan à un faible niveau afin de doper les exportations chinoises, Barack Obama avait fondé d'énormes espoirs sur une politique de la main tendue. En vain. A l'occasion de son premier voyage officiel en Chine, Pékin n'a rien lâché. Sa conversation avec des étudiants de l'université de Shanghai n'a pas été retransmise en direct. Les autorités chinoises ne se sont pas engagées à soutenir des sanctions vis à vis de l'Iran, pas plus qu'elles n'ont voulu entendre parler d'une réévaluation de leur monnaie. L'idée, caressée par les Américains, d'un partage de pouvoir à égalité avec la nouvelle superpuissance qu'est la Chine, ne semble pas intéresser Pékin. En fait, comme elle l'a montré au sommet de Cophenhague, la Chine n'entend pas se plier à des règles qui ne seraient pas siennes pour son développement économique, qu'il s'appuie sur des industries polluantes ou un yuan faible. Déçu, Washington a vite remplacé la main tendue par le bras de fer. Au grand dam de Pékin, l'Amérique vend des armes à Taïwan quelques semaines après la visite d'Obama. Dans la foulée, la Maison Blanche reçoit le dalaï-lama. Les conflits commerciaux se sont multipliés, à coups de surtaxes et de poursuites devant l'OMC. Pékin vient d'annoncer son premier déficit commercial en quatre ans : il n'en sera que plus inflexible sur le yuan. La dépendance mutuelle des deux superpuissances, l'Amérique achetant les t-shirts de la Chine, la Chine acquérant les bons du Trésor américain, semble avoir, une fois de plus, fait place à la suspicion mutuelle.

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