Pékin refuse de se laisser dicter sa politique monétaire

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La balance commerciale devrait être déficitaire (de 5,9 milliards d'euros) en mars, indique la presse chinoise, citant le Premier ministre Wen Jiabao. Ce serait la première fois en quatre ans. Cela risque d'être temporaire, car ce mauvais chiffre résulte d'une faible demande extérieure. Mais le chiffre tombe à pic pour conforter Pékin dans sa politique de statu quo monétaire : il donne un argument à la Chine pour résister aux pressions américaines afin qu'elle réévalue son yuan, indexé sur le dollar depuis juin 2008. Le 15 avril, le département du Trésor américain publiera son rapport bi-annuel au Congrès spéficiant si la Chine « manipule » sa monnaie. Dans l'affirmative, Washington pourra recourir à des mesures de rétorsion contre les importations chinoises.Accusations et rétorsionsLa Chine, elle, rejette toute accusation de manipulation, et fait savoir qu'elle ne se laissera ni intimider ni dicter son calendrier. Elle accuse les États-Unis d'être responsables de la dégradation des relations. En guise de rétorsion, elle a instauré un système préférentiel pour les produits à technologie chinoise dans certaines catégories d'appels d'offres, au grand dam des entreprises américaines installées dans le pays. « La Chine en fait une question de principe. Elle ne veut pas paraître comme cédant face aux pressions américaines », explique Jean-François Huchet, chercheur à Hong Kong au Centre d'études françaises sur la Chine contemporaine. « Les Américains sont en pleine campagne pour les élections de mi-mandat et le yuan pèse dans le débat. Pour la Chine comme pour les État-Unis, c'est devenu une question politique. Je ne vois pas une des parties reculer maintenant », conclut-il. Mais il y a une issue : un report de la publication du rapport du Trésor américain à une date postérieure à celle du sommet économique sino-américain, prévu fin mai. Ce geste permettrait à la secrétaire d'État Hillary Clinton et au secrétaire au Trésor Tim Geithner de discuter dans de meilleures conditions avec le vice-Premier ministre Wang Qishan et le conseiller d'Etat Dai Bingguo. Virginie Mangin, à Pék

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