Les industriels français saluent l'abandon de la taxe carbone

Soulagés mais circonspects pour l'avenir. Ainsi pourrait se résumer l'état d'esprit des chimistes hexagonaux après le recul du gouvernement, ce mardi, sur la taxe carbone (lire aussi page 6). « Nos messages ont porté leurs fruits. Traiter ce sujet au niveau européen permettra de mettre en cohérence le système ETS des quotas avec celui de la taxe carbone », a indiqué à « La Tribune » Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Rhodia et président de la commission développement durable du Medef. « La concertation européenne va éviter des décalages de compétitivité entre la France et ses voisins », confirme-t-on chez Arkema. « Cette taxe était une aberration, elle pipait les dés pour le secteur », assène un troisième industriel sous couvert d'anonymat. L'Union des industries chimiques (UIC ), le syndicat professionnel du secteur, ne dit pas autre chose. « Même dans ses versions les plus limitées, cette taxe aurait eu un coût de 80 à 100 millions d'euros pour le secteur », souligne Bernard Chambon, son président. Il faut dire que les perspectives des chimistes français ne sont pas au beau fixe. La production devrait croître de 5,5 % cette année en volume, mais cette hausse fait suite à un recul historique de 9,7 % en 2009, « du jamais-vu depuis 20 ans », selon l'UIC. Et l'avenir reste incertain : « avec la fin des plans de relance, nous avons un vrai doute sur la pérennité de la reprise. Sur le marché automobile, on enregistre un recul des prises de commandes depuis janvier avec la fin de la prime à la casse », pointe Bernard Chambon. à l'instar de la plupart des experts du secteur, il estime qu'il faudra attendre 2011 ou 2012 pour revenir aux volumes de production d'avant-crise. « La chimie de base [gros volumes en amont de la chaîne de production, ndlr] a été la première touchée par la crise mais a aussi redémarré plus fortement que la chimie de spécialité », indique-t-il. à l'heure où se pose la question de l'avenir des raffineries françaises, le président de l'UIC se veut toutefois optimiste : « Malgré la concurrence du Moyen-Orient, on peut imaginer une chimie de base en France », assure-t-il. à condition cependant, selon lui, de disposer des infrastructures adaptées (pipelines, fret SNCF) et d'un prix du gaz industriel moins élevé que ce qu'il est aujourd'hui. Audrey Tonnelie

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