En Irlande, les pertes bancaires se creusent sans cesse

Trois ans après le début de la crise, la situation des banques irlandaises n'est toujours pas stabilisée. Après avoir déjà injecté un total de 46 milliards d'euros dans les banques (28 % du PIB !) pour les recapitaliser, Dublin a prévu d'ajouter un maximum de 35 milliards d'euros de plus lors du plan de sauvetage de l'Union européenne et du FMI en novembre dernier. Pourtant, cette somme pourrait encore une fois ne pas être suffisante. Enda Kenny, le nouveau Premier ministre, pourrait être forcé de demander une rallonge, selon des fuites provenant de Bruxelles.Contrairement à la Grèce, où le problème est économique, la crise irlandaise est avant tout une question bancaire. Cette catastrophe n'est pas liée à des produits bancaires toxiques, mais à une traditionnelle bulle immobilière, d'une taille gigantesque. Depuis l'explosion des prix (40 % à 50 % de baisse), les pertes se multiplient pour les banques. Tous les établissements - sans exception - ont été nationalisés, au moins partiellement. Or, pendant la panique financière de l'automne 2008, Dublin a décidé de garantir l'intégralité des prêts aux banques irlandaises, afin d'éviter leur faillite. Conséquence : les finances publiques irlandaises sont entièrement liées à l'état des banques.Dans ce contexte, les « stress tests » des banques irlandaises menées par la banque centrale du pays, dont le résultat doit être publié le 31 mars, sont très importants. Dublin espère que cela rassurera les marchés. Mais rien n'est moins sûr : des rumeurs - fausses - selon lesquelles Allied Irish Bank serait incapable de payer ce jeudi un coupon sur l'une de ses obligations ont fait flamber le taux d'intérêt sur la dette irlandaise, preuve de la nervosité des marchés.Enfin, la situation des banques pose une question clé : ne faudrait-il pas que les détenteurs des obligations bancaires soient forcés de partager les pertes (un « haircut » en langage financier), afin d'alléger la facture pour le contribuable. Enda Kenny le souhaite. Mais les marchés paniquent à chaque fois que le sujet est abordé : c'est une telle suggestion de la chancelière Angela Merkel qui avait provoqué l'affolement menant au plan de sauvetage de novembre. Eric Albert, à Londre

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