Laurent Brogniet : "Le seul avenir pour les Wallons, c'est de se tourner vers la France"

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STRONG>Quel regard portez-vous sur cette nouvelle crise politique en Belgique ? Ce qui se passe va dans la droite ligne de ce que nous prédisons depuis dix ans même si, au début, certains nous prenaient pour des extra-terrestres. On se dirige vers la fin de l'Etat belge qui est un non-Etat devenu ingouvernable de par la volonté d'une partie du pays : le nord. La Flandre ne souhaite plus faire partie de l'ensemble Belgique. Elle n'y voit plus de valeur ajoutée et ne l'aime plus. Elle souhaite voler de ses propres ailes et ce souhait est respectable. C'est pourquoi nous souhaitons préparer l'après-Belgique.Que proposez-vous ? Le seul avenir pour les Wallons et pour les Bruxellois, c'est de se tourner vers la République française. Si la Flandre est une nation et se ressent comme telle, la Wallonie n'en est pas une et ne se ressent pas comme telle. Il n'y a pas de parti nationaliste en Wallonie. Nous pouvons donc aisément nous retourner vers nos voisins. D'ailleurs, les Wallons commencent à ouvrir un oeil. Ils sortent de leur coma belge et se disent : « Tiens, oui, peut-être, c'est une éventualité que la Belgique cesse un jour ». A l'été 2008, dans le cadre d'un sondage, on a demandé aux Wallons : « En cas de disparition de la Belgique, quelle option choisissez-vous ? ». A 49%, les Wallons ont répondu : la France !Quel intérêt aurait la France à intégrer la Wallonie ?Tout d'abord, il s'agit d'une question de solidarité. Nous sommes d'autres francophones en Europe, des Français hors les murs, dont les droits sont bafoués. Mais aussi pour une question géopolitique en Europe. Il y aurait un certain équilibre retrouvé, avec la possibilité pour la France, après la réunification allemande, d'agrandir son territoire de façon pacifique. Avez-vous des contacts avec les autorités françaises ? Oui, nous avons des contacts avec des parlementaires de l'UMP et du PS. Mais vous comprendrez que je ne puisse pas vous donner de nom.Vous semblez vouloir un rattachement à la fois de la Wallonie et de Bruxelles à la France. Croyez-vous vraiment que les Flamands accepteraient de lâcher leur capitale ? C'est une question clé, en effet. Il est clair que si les Flamands veulent leur indépendance, il faudra en payer le prix. Bruxelles est une ville francophone à 90%. C'est une réalité incontestable. Donc cela se discutera lorsqu'on négociera le divorce belge.Et dans cette procédure de divorce, qui repartirait avec la dette du pays qui approche les 97% du PIB?Ce sera l'un des éléments à discuter. Mais il y a déjà des clés qui existent. Les politiciens qui nous gouvernent y ont pensé. Je suis sûr qu'il y a déjà dans les états-majors politiques des projets sur la fin de l'Etat et sur la clé de répartition pour négocier la fin de l'Etat belge.Quand pensez-vous que la Belgique pourrait se séparer ? Que serait le déclencheur ? Je n'ai pas de boule de cristal, tout peut arriver. On sait que l'Histoire est faite de soubresauts et d'accélérations. Qui aurait pu prédire la fin de la Tchécoslovaquie, un an avant que ça ne se passe ? Personne. La fin de la Belgique peut donc être dans une semaine, un an, deux ans... Je n'en sais rien, mais j'aimerais qu'on arrête le plus vite possible cette comédie ! Je crois que le coup de théâtre sera là où on ne l'attend pas. Ce serait, et je le déplore par avance, un acte de violence quelconque en périphérie, une escarmouche à la sortie d'un match de football.. Ou tout simplement des troubles politiques comme on en connaît maintenant et la constatation qu'on ne peut pas vivre ensemble et ce serait le divorce à l'amiable. C'est en tout cas le souhait que je fais.

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