L'Europe, vraie ligne de fracture des élections britanniques

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Si le deuxième débat télévisé de ce jeudi soir laisse la course électorale britannique grande ouverte, elle a permis de mettre les Britanniques devant un choix clair sur l'Europe. C'est sur ce dossier qu'ont eu lieu quelques-unes des altercations les plus franches entre les trois leaders politiques britanniques.D'un côté les libéraux-démocrates -les plus enthousiastes- et les travaillistes -plus pragmatiques- sont clairement pro-européens ; de l'autre, David Cameron affiche un euroscepticisme profond.« Je veux être dans l'Europe, mais je ne veux pas être dirigé par l'Europe », a lancé le leader des conservateurs. S'il rejette catégoriquement de sortir de l'Union Européenne, il envisage en revanche de ramener des pouvoirs de Bruxelles vers Londres, en particulier sur les droits sociaux. Risque d'isolementPour Nick Clegg, le leader des libéraux démocrates et ancien député européen, une telle attitude risquerait d'isoler la Grande-Bretagne dans le monde. « Bien sûr qu'il y a des règles idiotes (venant de Bruxelles), mais il semble qu'on est beaucoup plus fort quand on est ensemble en Europe. » Il en profite pour attaquer le retrait des conservateurs du PPE, le groupe de droite du parlement européen. Les Tories ont créé à la place un nouveau groupe minoritaire, composé selon Nick Clegg de « fous, anti-sémites, de personnes qui rejettent le changement climatique et d'homophobes. » Il s'agit essentiellement de petits partis d'Europe de l'Est.Nick Clegg propose aussi un référendum sur l'Union Européenne... lors d'un éventuel futur traité européen. Mais la question posée aux Britanniques, selon lui, doit porter sur le fait de rester ?ou non- dans le club des 27, afin de régler une fois pour toute le problème.Nick l'anti-américain, David l'anti-européenQuant à Gordon Brown, pourtant réputé eurosceptique quand il était arrivé à Downing Street voilà trois ans, il définit sa politique européenne selon les mêmes lignes que les libéraux-démocrates ?à l'exception d'un référendum, qu'il juge inutile. « Il y a trois millions de raisons de faire partie de l'Union Européenne : cela s'appelle des emplois », affirme l'actuel premier ministre.Il faut cependant noter une différence majeure, même si le débat télévisé n'a pas abordé le sujet : les libéraux-démocrates veulent rejoindre l'euro sur le principe... même s'ils estiment que les conditions économiques actuelles ne le permettent pas. Inversement, Gordon Brown est celui qui a bloqué toute idée d'adhésion quand Tony Blair flirtait avec l'idée. Enfin, il attaque Nick Clegg sur son anti-américanisme, ce dernier estimant qu'il est temps de sortir de « l'ensorcellement » que provoque les Etats-Unis sur la Grande-Bretagne. Ce qui lui permet de résumer : « Nick est anti-américain, David est anti-européen. Les deux sont détachés des réalités. »

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