L'emprunt russe marche très fort

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Après une absence remarquée de plus de dix ans sur les marchés de dette internationaux, la Russie peut se targuer d'avoir réussi son retour. Le pays est en effet parvenu à lever 5,5 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros) alors que les investisseurs, attirés par sa capacité de rebond grâce à la remontée des cours du pétrole, par ses énormes réserves de change et la faiblesse de sa dette publique (encore couverte par l'épargne), ont été très nombreux à répondre jeudi à cette adjudication. Baisse des spreadsLe carnet d'ordres a représenté plus du double du volume final d'émissions, selon une source proche de la transaction. «Nous estimons que nous avons réalisé un placement réussi», a déclaré le ministre russe des finances Alexeï Koudrine, saluant une baisse importante des écarts de rendement pour la Russie.La Russie a émis un coupon à 5 ans à 3,625% et des titres à 10 ans à 5%, payant seulement 125 et 135 points de base de plus que les Bons du Trésor américain.Plus étonnant encore, la Russie a vu depuis 2009 son niveau de prime de risque se détendre constamment.La comparaison est d'ailleurs cruelle aujourd'hui avec les pays d'Europe du Sud. Alors qu'il faut environ 144.000 dollars (contre 184.000 au 31 décembre 2009) par an pour assurer 10 millions de dollars de dette russe, il en coûte à la Grèce près de 639.000 dollars (contre 283.000 fin décembre) et 276.000 au Portugal. Liquidité suffisanteAprès un tel succès, la Russie pourrait ne pas avoir à solliciter de nouveau les marchés. C'est du moins ce qu'a laissé entendre Alexeï Koudrine. "Compte tenu de la liquidité suffisante sur nos marchés domestiques, nous n'envisageons pas pour l'heure de faire à nouveau appel aux marchés internationaux cette année", a-t-il déclaré. Selon Anna Dorbec, économiste chez BNP Paribas, "tout dépendra des prix du pétrole et de la capacité du ministère des finances à contrer les envies de certains d'augmenter les dépenses du budget". Elle ajoute: "Le fait que le ministère ait choisi de restreindre le volume d'émission (l'emprunt ayant été sur-souscrit largement) montre bien qu'il espère pouvoir limiter les dépenses et ramener le budget à l'équilibre (ou à un déficit faible) à l'avenir". La Russie a le vent en poupe, elle doit en profiter. "Car si le déficit budgétaire reste structurellement haut malgré un cours du pétrole élevé, les marchés seront moins enclins à prêter d'ici quelques années", estime l'économiste.

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