Les affaires continuent avec Pékin

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Quelque soit le résultat des urnes australiennes, les relations entre l'Australie et la Chine ne devraient pas connaître de profonds bouleversements. Les échanges diplomatiques seront certainement moins fluides que du temps du prédécesseur de Julia Gillard, Kevin Rudd, qui parle parfaitement le mandarin, mais les échanges économiques ne devraient pas souffrir de l'arrivée d'un nouveau Premier ministre en Australie. Depuis plus de cinq ans, le pays profite largement de sa relation privilégiée avec la Chine. Le dynamisme de l'économie de la république populaire génère des appétits pour les matières premières qui dopent la balance commerciale du coffre-fort australien. Les exportations de charbon et surtout de minerai de fer, écoulé à 70 % vers l'empire du Milieu, rapportent chaque année quelque 50 milliards d'euros à l'Australie, soit un quart des recettes du pays. Largement nourris par la demande asiatique, Chine et Inde en tête, les revenus miniers devraient dépasser les 125 milliards d'euros en 2014. « Le boom minier qui s'est enclenché ces derniers mois représente d'ores et déjà près de 4 points dans le PIB », estime Ric Battelino, économiste à la Banque centrale australienne (RBA). L'estimation promet déjà d'être révisée à la hausse, alors que les prix viennent d'être majorés de 23 % sur le minerai de fer et de 15 % sur le charbon.Dans la foulée des minerais, la Chine est devenue, depuis 2007, le premier partenaire commercial australien, avec 60 milliards d'euros d'échanges en 2009, à l'import (15,4 % de parts de marché) comme à l'export (17,1 %). Elle est désormais le septième investisseur. Depuis 2007, les entreprises chinoises ont consacré 40 milliards d'euros à l'Australie, dont plus de la moitié dans le secteur minier, contribuant au lancement de l'exploitation de nouveaux gisements et à la création de plus de 100.000 emplois dans le secteur. « Si l'Australie a réussi à éviter la récession en conservant un taux de chômage à 5,3 %, c'est en grande partie grâce à la Chine », insiste Craig James de la Commonwealth Bank. Les deux leaders australiens semblent en être bien conscients, même si pendant la campagne, ils ont préféré éviter d'évoquer le sujet, toujours sensible en Australie.O. C., à Sydney

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