Varsovie ouvre la dure bataille du budget européen 2014-2020

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La Pologne vient de lancer les premières hostilités en vue de l'établissement du budget européen pour la période 2014-2020. Un mois avant la présentation des propositions de la Commission européenne, le secrétaire d'État polonais, Miko?aj Dowgielewicz, dirigeant l'Office du comité de l'intégration européenne, vient de jeter un pavé dans la mare en plaidant pour maintenir au moins au même niveau le budget de l'Union européenne durant le septennat 2014-2020. « Le traité de Lisbonne a élargi les compétences de l'Union (...) cela doit se refléter dans les moyens budgétaires dégagés », écrit-il. « Position défensive »Varsovie est en effet le principal pays bénéficiaire net des aides de l'Union européenne et s'inquiète que les appels récurrents aux coupes budgétaires s'effectuent à ses dépens. Mais ce statu quo se révélerait plus coûteux pour les pays contributeurs nets, en premier lieu, l'Allemagne, mais aussi la France. François Baroin, le ministre français du Budget, entend d'ailleurs aujourd'hui, mardi, « préparer les discussions sur le futur budget européen » lors de sa rencontre à Berlin avec le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Si officiellement Berlin n'a pas encore de position sur ces épineuses « perspectives financières » sur sept ans, l'accord de gouvernement de la chancelière Merkel a stipulé que l'Allemagne ne doit pas verser plus au budget communautaire qu'aujourd'hui, comme le rappelle Peter Becker, chercheur à l'institut Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP), à Berlin. « C'est une position défensive, explique-t-il, mais compte tenu, en 2013, de la fin du régime particulier accordant à Berlin et d'autres pays contributeurs nets au budget de l'UE une ristourne sur leurs versements, le statu quo signifie une nouvelle charge de plusieurs centaines de millions d'euros pour le budget allemand ». Les négociations des États membres s'annoncent d'autant plus explosives qu'elles s'inscrivent dans un contexte de rigueur budgétaire : 24 des 27 pays sont soumis à une procédure de déficit excessif. « Nombre d'États membres sont guidés par une logique comptable », regrette un expert européen, qui déplore le court-termisme d'une approche qui souhaite recevoir autant qu'il donne. « À ce compte, c'est toute la philosophie de l'Europe qui est remise en cause ! », déplore-t-il.Récemment, le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, a avancé l'idée d'un impôt direct européen, en taxant les flux financiers, ou des quotas de carbone. Berlin, Londres et Paris lui ont immédiatement opposé une fin de non-recevoir.utilisation des fonds« Les nouveaux pays membres, bénéficiaires nets du budget, comme la Pologne, auront du mal à invoquer la solidarité politique dans ces négociations : les autres pays pourraient rétorquer qu'en aidant la Grèce ils ont déjà contribué... », estime Peter Becker. Au-delà du montant de l'enveloppe, le débat portera dans les prochains mois sur l'utilisation des fonds européens. « Il faut davantage affecter le budget européen à des objectifs plus stratégiques, comme l'éducation ou les infrastructures frontalières. Ce serait là une gestion intelligente pour éviter les doublons dans l'ensemble des pays », explique Olivier Lacoste, directeur des études chez le think tank français Confrontations.

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