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Des idées pour lutter contre le chômage

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Publié le 23 septembre 2012 à 21:02 - Mis à jour le 23 septembre 2012 à 21:02

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Après l’annonce de Peugeot-Citroën dans l’été de la suppression de 8000 emplois en France et de la fermeture de l’emblématique site d’Aulnay, la France semblait découvrir que tous les jours des emplois sont détruits, dans tous les secteurs de son économie ou presque. Fin mai dernier pourtant, avant le bon de cet été, la France comptait en tout 4 621 000 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi en catégorie A, B et C. Autant dire que cette « affaire Peugeot » est une goutte d’eau, si dramatique soit elle, dans un océan de chômage. Cet évènement doit donc être vu comme révélateur d’une situation économique globale et non comme un simple désastre isolé !Mais le pire, ce n’est pas que ces 8000 salariés perdent leur emploi, comme des dizaines ou des centaines de milliers d’autres. Le vrai problème est qu’après avoir perdu leur emploi, ces salariés rencontreront des difficultés monstrueuses pour en trouver un autre. Le problème du marché du travail français n’est pas qu’il y ait des destructions d’emploi, mais qu’il n’y ait pas assez de créations d’emploi. Le problème n’est pas que les usines ferment, c’est qu’elles n’ouvrent pas.Cette situation a des conséquences jusque dans les mentalités. En France, le chômage est vu, à juste titre malheureusement, comme une mort sociale. Aux Etats-Unis, il est vu comme un nouveau départ, le commencement d’une nouvelle vie. Comment expliquer ce phénomène global ? En partie, par la compétitivité-prix et la compétitivité-hors prix.La compétitivité prix recoupe les problématiques de taux de change de l’euro, de coût du travail, de fiscalité des entreprises ou encore de flexibilité du marché du travail. Chacun de ces éléments a certainement une part de responsabilité dans notre constat, même s’il serait nécessaire d’affiner cette remarque en nuançant secteur par secteur et en développant marché par marché.En revanche, nous pouvons mettre en cause assez simplement le problème de la compétitivité hors prix qui dépend principalement de la capacité d’innovation des entreprises et de l’économie toute entière.On le sait depuis Schumpeter, la destruction créatrice, c\'est-à-dire le remplacement d’anciens secteurs d’activité par de nouveaux, est une source majeure de croissance économique et d’emploi de meilleure qualité. Souvenons nous que ce que l’on nomme « progrès technique » contribuerait pour moitié à la croissance économique en tant que résidu de Solow. La destruction créatrice permet l’avènement de nouvelles industries qui embauchent une main d’œuvre qualifiée pour occuper des secteurs à forte valeur ajoutée.Bien sûr des emplois sont détruits, par des machines « tueuses de bras », des robots toujours plus performants, mais d’autres sont créés, rendus indispensables par l’arrivée de ces nouvelles machines. L’innovation, au cœur de ce mécanisme, trouve son origine dans la recherche et développement des entreprises et dans les investissements de l’Etat en matière de recherche, d’éducation ou de formation. Or, en France, ces deux acteurs font moins bien que leurs concurrents directs, notamment américains et allemands.En effet, les pouvoirs publics français ont fait le choix d’une politique industrielle en faveur de grandes firmes de certaines filières de l’industrie traditionnelle. L’Etat a encouragé les concentrations de ces firmes en grands groupes de manière à peser à l’international. Mais la France ne compte pas suffisamment de fleurons novateurs pour entrainer l’économie toute entière. Nous n’avons pas d’équivalents français de Google, Microsoft, HP, IBM ou Apple pour prendre des exemples frappants. Leurs innovations ont pourtant révolutionné la manière de produire de la richesse bien au-delà des frontières américaines ! Au pays de Thomas Edison et de Wilhelm E. Böing, l’American Dream consiste aussi à faire reculer la frontière technologique. Le rêve français se limite trop souvent à suivre les modes du petit frère américain, ou pire encore, les ignorer par orgueil ! Victime du « syndrome minitel », la France s’est parfois recroquevillée sur des technologies et traditions nationales dépassées au niveau international.En amont, le lent enlisement du système éducatif français, est doublé d’une fuite des cerveaux, largement due au manque de moyens alloué à la recherche. Les Etats Unis, ont su au contraire se rendre attractif pour les cerveaux du monde entier. L’existence de « clusters », comme la Silicon Valley en Californie est révélateur d’un modèle efficaces qui favorise une alchimie entre start-up, grandes universités, firmes internationales, laboratoires et investisseurs. Ce cocktail de talents et de moyens est source de dynamisme et offre à l’économie américaine un avantage non négligeable sur ses concurrents dans de nombreux secteurs.La France, suite à son refus de la centralisation, a établi des confettis d’excellence dispersés sur tout le territoire, se privant d’économies d’échelle importantes. C’est pourquoi elle ne dispose pas de grand centre innovant capable de rivaliser avec ce qui peut se trouver dans certains Etats américains.Il faut peut être voir dans ces quelques éléments, certaines des causes structurelles des difficultés rencontrées dans le domaine de l’emploi et de la croissance. Ré-investissons dans l’innovation si nous voulons pouvoir proposer de nouveaux emplois aux ex-salariés de PSA. Revalorisons le statut de chercheur, redonnons goût à l’innovation en France ! Certes, nous avons du retard à rattraper mais rien n’est perdu. Les talents français sont nombreux, il suffit de les encourager. Les décideurs politiques doivent enfin comprendre que John F. Kennedy avait raison lorsqu’il énonçait il y a presque un demi-siècle : « L’esprit humain est notre ressource fondamentale.Pascal de Lima est économiste, et enseignant à Sciences-po Paris (PhD Economie à Sciences-po) et à HEC.

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