Lufthansa et Emirates défient Air France en Afrique

 |   |  433  mots
érienL'Afrique est l'une des rares parties du réseau d'Air France encore bénéficiaire. Cette vache à lait historique lui avait permis de survoler la crise consécutive aux attentats du 11 septembre 2001, la compagnie française ayant, à l'époque, grandement profité des faillites des Swissair, Sabena et Air Afrique. Mais elle est aujourd'hui attaquée par Lufthansa et Emirates, les deux plus gros concurrents d'Air France sur le long-courrier, tous deux attirés par le potentiel de ce continent, et notamment par la clientèle des entreprises du pétrole.« La croissance du trafic en Afrique augmentera de 6 % environ chaque année, beaucoup plus qu'en Europe (+ 3,6 %) ou aux États-Unis (+ 2,7 %) », explique Kartsten Benz, vice-président commercial pour l'Europe de Lufthansa, qui fait de l'Afrique de l'Ouest et centrale « l'une des ses priorités ». Si la compagnie allemande y augmente régulièrement ses capacités depuis 2008 avec récemment la desserte d'Abuja et de Port Harcourt, elle bénéficie également des rachats de Swiss et de Brussels Airlines, qui lui apportent leurs poids en Afrique, hérités de Swissair et surtout de Sabena, à qui elles ont succédé. Au total, le groupe allemand assure désormais plus de 200 vols par semaine vers 31 destinations africaines au départ de Bruxelles, Francfort et Zurich. Un réseau qui reste toutefois encore loin derrière celui d'Air France-KLM.Si elle reste leader sur ce marché, la compagnie française voit toutefois s'ouvrir un nouveau front. À cette concurrence de Lufthansa s'ajoute en effet celle du transporteur de Dubaï, Emirates. Ce dernier nourrit de fortes ambitions sur les flux de trafic reliant l'Asie à l'Afrique.emirates prépare l'avenirLes correspondances à Dubaï offrent en effet une alternative à la clientèle asiatique qui, jusqu'à présent, n'avait quasiment pas d'autre choix que de passer par Paris pour se rendre en Afrique. C'est le cas en particulier de la clientèle chinoise qui n'a cessé de se développer ces dernières années au fur et à mesure que grandissait l'influence de Pékin dans la région. « Nous avons des intérêts stratégiques en Afrique », martèle le PDG d'Emirates, Sheikh Ahmed Bin Saeed Al-Maktoum. Alors qu'elle dessert 17 destinations africaines, la compagnie du Golfe prépare l'avenir. Emirates vient de signer avec le gouvernement sénégalais un partenariat stratégique pour lancer la nouvelle compagnie sénégalaise Sénégal Airlines début 2010. Un bon moyen pour Emirates de disposer demain d'une porte d'entrée en Afrique de l'Ouest. Au final, cette concurrence accrue devrait faire réduire les prix, très élevés vers l'Afrique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :