Le budget irlandais et l'aide menacés par la crise politique

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Le gouvernement irlandais a quinze jours pour sauver le plan d'aide international devant sauver ses comptes publics et son secteur bancaire. La crise est désormais autant politique que financière et économique et menace le vote du budget le 7 décembre, pourtant une condition de l'aide.Lundi soir, Brian Cowen, le Premier ministre, a cédé aux pressions politiques en acceptant de quitter son poste... mais en janvier seulement. Mettant en avant l'intérêt national, le très impopulaire leader irlandais veut d'abord faire voter le budget 2011 instaurant une austérité très dure. Celui-ci, bien que prévu avant le plan de secours, fait désormais partie des conditions imposées par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne. « Rien ne nous déviera de ce devoir », estime Brian Cowen. « Le plus tôt sera le mieux », insistait ce mardi Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques.Malheureusement, la majorité de l'exécutif irlandais ne tient qu'à un fil, étant à la tête d'une coalition de 82 voix contre 79 voix à l'opposition. Le parti au pouvoir, le Fianna Fáil, n'a que 70 députés, auxquels s'ajoutent six députés verts et une poignée d'indépendants. Après l'élection partielle de jeudi à Donegal, la majorité pourrait ne plus être que d'une voix. Colère publiqueAussi les deux députés indépendants Jackie Healy Rae et Michael Lowry, inconnus hors d'Irlande jusqu'à présent, ont désormais le monde entier tourné vers eux : après avoir longtemps soutenu la majorité, ils menacent désormais de ne pas voter le budget. De plus, la colère publique gronde. Les Irlandais, contrairement aux Grecs, ne sont guère descendus dans la rue jusqu'à présent, mais une grande manifestation est prévue ce samedi.Seul facteur rassurant : ni le Fine Gael, ni le Labour, les deux principaux partis d'opposition, ne s'opposent à l'austérité. S'ils en contestent certains détails, ils sont d'accord pour réduire le déficit à 3 % d'ici 2014. Ils pourraient aussi être tentés de laisser le gouvernement actuel « faire le sale boulot », et de prendre le pouvoir juste après l'aval au plan de secours. Mais la majorité est tellement réduite qu'un échec à faire voter le budget ne peut pas être écarté. Eric Albert, à Londre

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