L'euro dévisse dans un engrenage infernal de défiance généralisée

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« La monnaie unique est en jeu ». Quand c'est le très respecté ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui l'affirme, la déclaration prend beaucoup plus de poids que lorsque, comme la semaine dernière, des propos de même nature avaient été tenus par Herman Van Rompuy, le président de l'Union européenne. Surtout quand, dans la foulée, la chancelière allemande, Angela Merkel, juge la situation de l'euro « extrêmement sérieuse ». Car l'Allemagne est non seulement le poids lourd économique de la zone euro, le moteur qui tire le reste de la zone grâce à une croissance confirmée mardi de 0,7 % au troisième trimestre, soit 3,9 % sur un an, mais aussi sa voix politique dominante.Et, de fait, l'euro est à nouveau l'objet d'une défiance grandissante de la part des investisseurs, saisis par le doute sur la détermination des principaux acteurs de la zone euro à mettre tout en oeuvre pour sauver leur monnaie. L'Europe n'avait-elle pas commencé à se doter des outils d'une gouvernance économique plus convaincante à la fin du printemps, pour caler en côte dès que la pression des marchés avait commencé à retomber ? Du coup, après avoir très brièvement salué le plan de sauvetage de l'Irlande qui se mettait en place, en faisant remonter l'euro jusqu'à 1,3785 lundi, les opérateurs l'ont brutalement lâché le lendemain. Au plus bas dans les transactions hier mardi, la monnaie unique des Seize est retombée en dessous de 1,34 pour la première fois depuis deux mois, soit une violente décote de 3 % en une seule séance. Les analystes chartistes de JP Morgan Chase le voient dériver en dessous de 1,30 dollar, s'il recule dans une première étape sur le seuil de support de 1,32. Dans une telle hypothèse, rien n'empêcherait l'euro de se rapprocher du point bas de quatre ans atteint le 7 juin dernier à 1,1875 dollar, au plus fort de la tempête qui secouait alors la Grèce et juste avant l'annonce le même jour de la création du Fonds européen de stabilité financière. Surtout si l'impression - désormais partagée par les opérateurs - de victoire à la Pyrrhus dans l'apparente résolution de crise irlandaise se confirme dans les faits.Série rose aux États-UnisD'autant que des événements étrangers à la zone euro viennent renforcer jour après jour l'attrait retrouvé du billet vert. Sur le plan diplomatique d'abord. Les tirs d'artillerie, mardi, entre les deux Corée, qui alarment toute la communauté internationale, ont renforcé le rôle de valeur refuge du dollar. Sur le front économique ensuite. La série rose de statistiques récentes sur les États-Unis s'est enrichie mardi de la révision en hausse plus forte qu'anticipé par le consensus du PIB des États-Unis au troisième trimestre. De juin à septembre, l'économie de l'Oncle Sam a progressé de 2,5 % au lieu des 2 % initialement annoncés, grâce notamment à une consommation plus robuste, qui a augmenté de 2,8 % sur le trimestre. Isabelle Croizard

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