La pénurie d'oignons en Inde met les responsables politiques sous pression

Depuis plusieurs jours, l'affaire fait la une de la presse en Inde : l'oignon fait défaut sur les marchés de Delhi comme d'autres grandes villes du sous-continent. Une pénurie qui peut avoir des conséquences imprévisibles sur le plan politique dans un pays très agricole dont la population fait un usage culinaire quotidien de cette plante potagère au bulbe recherché, ingrédient indispensable du Biryani, plat traditionnel du sous-continent. En 2004, la hausse des prix des denrées de première nécessité avait provoqué la chute du gouvernement central rendu responsable du renchérissement. L'oignon est un article sensible. Une famille peut consommer jusqu'à un kilo d'oignons par jour. Touchées par des pluies hors saison dans les États de l'ouest (Maharashtra, Gujarat...) et du sud du pays, là où elles sont normalement les plus abondantes, les récoltes d'oignon ont chuté de 16 %, selon les chiffres officiels. En quelques semaines, le prix au kilo a plus que doublé, passant de 35 à 85 roupies (soit de 0,60 à 1,44 euro) le kilo la semaine dernière, faisant ressurgir la crainte le retour d'une spirale inflationniste des prix alimentaires. Malgré l'accalmie de ces derniers mois, l'augmentation de ces prix a atteint 12,13 % sur un an le 11 décembre contre 9,46 % la semaine précédente. Certains éditorialistes de presse ont appelé à une « action sans pitié » s'il s'avérait que des responsables étaient associés à la rétention d'oignons dans un but spéculatif.Signe de grande détressePour contrer la pénurie, le gouvernement n'écarte aucune piste. Lundi, Delhi a décidé d'interdire toute exportation de la plante populaire jusqu'au 15 janvier. Il a aussi annoncé son intention de supprimer les taxes sur les importations de cette denrée actuellement de 5 %, a indiqué le secrétaire aux finances, Ashok Chawla. Signe de grande détresse, l'Inde a déjà commencé à importer des oignons du Pakistan, son frère ennemi voisin, pour soulager les consommateurs indiens frustrés.Tous les ténors de la scène politique indienne y sont allés de leur déclaration. Le premier ministre Manmoyan Singh, déjà préoccupé par un scandale de corruption impliquant la vente de licences de téléphonie mobile en 2008, s'est débarrassé de la « patate chaude » sur son ministre de l'agriculture qu'il a pressé de faire le nécessaire pour refroidir le prix de l'oignon. Rahul Gandhi, secrétaire général du Congrès, le parti au pouvoir; et fils de Sonia Gandhi à l'avenir politique prometteur, a affirmé que le gouvernement allait «tout faire pour diminuer les prix».À l'approche d'une série d'élections locales l'an prochain, le parti d'oppotion est en embuscade, prêt à exploiter ce nouvel argument pour priver le Congrès d'une partie de son soutien.

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