L'envolée des taux marque une pause

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Après un mois de glissade, les marchés d'obligations d'État américains ont repris des couleurs hier à la faveur d'une salve de statistiques économiques mitigées. Évoluant en sens inverse des prix, le rendement des titres de maturité 10 ans s'est établi mercredi dans l'après-midi à 3,71 %, soit 5 points de base de moins qu'en début de matinée.Malgré la baisse des ventes de maisons neuves au mois de novembre et des statistiques décevantes concernant la consommation et le moral des ménages américains, l'obligation référence évolue toujours à des niveaux qu'elle n'avait plus testés depuis la mi-août. L'optimisme concernant l'amélioration de la conjoncture, renforcé début décembre par l'annonce de bonnes nouvelles sur le front de l'emploi outre-Atlantique, a en effet durablement érodé l'appétit pour les titres d'État américains, traditionnelles valeurs refuges. Depuis la fin novembre, les rendements à 10 ans et 30 ans avaient ainsi cédé respectivement 48 et 60 points de base. « C'est un mouvement important qui est intervenu en peu de temps », souligne Étienne Pourny, président de Stelphia AM.politique accommodanteL'approche de la fin de l'année, qui se traduit souvent par une moindre liquidité sur les marchés, n'explique qu'en partie ces variations abruptes. « La hausse des rendements est essentiellement liée à la hausse des anticipations inflationnistes des investisseurs », explique Nicolas Forest, responsable de la stratégie taux chez Dexia AM. La différence de rendement entre les obligations d'État américaines à 10 ans classiques et leur version indexée sur l'inflation, qui traduit l'inflation moyenne anticipée par le marché sur les dix prochaines années, a ainsi atteint 2,36 % ce mardi. Son plus-haut de l'année.Si les économistes tablent sur une amélioration plus nette encore de la conjoncture américaine en fin d'année, génératrice d'anticipation inflationniste renforcée, « la remontée des taux longs américains s'inscrit dans l'immédiat dans un mouvement logique et ne marque pas le début d'un cycle haussier », estime Nicolas Forest. Avec des taux proches de zéro et l'achat de près de 1.800 milliards de titres de dette américains, la politique monétaire accommodante de la Fed a en effet réussi à contenir les taux longs à des niveaux modérés compte tenu des émissions de dette massives des États-Unis. Mais avec le retrait de ces mesures, qui devrait intervenir selon les observateurs à compter du deuxième semestre 2010, une configuration de marché plus incertaine s'ouvrira. Julien Beauvieux

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