Le gouvernement grec s'apprête à imposer un régime de rigueur au pays

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BudgetLes députés grecs s'apprêtaient, dans la nuit de mercredi à jeudi, à voter le projet de budget 2010 présenté par le gouvernement socialiste de Giorgos Papandréou. Le vote ne devait pas poser de problème puisque le Pasok, le parti socialiste grec, détient la majorité au Parlement, avec 160 députés sur 300. Il n'en reste pas moins que ce budget est « le plus difficile depuis le retour de la démocratie (en 1974), la situation est extrêmement défavorable, il doit appliquer des objectifs très ambitieux », avait indiqué le ministre grec des Finances, Giorgos Papakonstantinou lors du débat. Mais c'est le prix à payer pour réduire le déficit à 9,1 % du PIB contre 12,7 % estimé si rien n'est fait.Malgré une contraction du PIB prévue à 0,3 % pour 2010 et un contexte général de reprise économique poussive, Athènes base ses calculs budgétaires sur des rentrées fiscales en hausse de 9 %, soit 4,5 milliards d'euros. Parmi les recettes, le gouvernement prévoit un impôt pour les sociétés offshore, ainsi que sur les plus-values boursières, et enfin, une augmentation de l'impôt sur le tabac et l'alcool. Une réforme fiscale comprenant des mesures contre la fraude, ou encore la suppression de certaines niches, sera en outre déposée au Parlement fin février, le pays faisant face à une évasion fiscale endémique.En outre, le gouvernement compte réduire les dépenses de l'État de 3,8 %, soit 2,3 milliards d'euros. Pour cela, il a décidé d'amputer d'au moins 10 % les salaires des dirigeants des entreprises publiques et de 50 % les émoluments des membres des conseils d'administration. De même, les ministères vont devoir s'imposer une cure d'austérité dans leurs dépenses de fonctionnement.changement radicalNombre d'analystes jugent que ces objectifs peuvent être atteints ? à condition que ces mesures soient rigoureusement appliquées et maintenues au-delà de 2010.En attendant de voir comment elles vont être reçues dans le pays et à l'extérieur, la Grèce a vu mardi l'agence Moody's dégrader une nouvelle fois d'un cran la note de sa dette souveraine, qui passe de A1 à A2. Membre de la zone euro, la situation de la Grèce inquiète les autres pays, qui ont pressé le gouvernement de faire des réformes substantielles. La dette publique grecque devrait en effet atteindre quelque 133 % du PIB, soit 326 milliards d'euros, en 2010. Pour autant, Moody's « ne croit pas que les difficultés du gouvernement grec représentent un test vital pour l'avenir de la zone euro ».La banque centrale de Grèce a d'ailleurs apporté sa contribution mercredi sur la nécessité de changer radicalement la gestion du pays. « Les causes des difficultés de l'économie grecque ne sont pas à chercher du côté du secteur bancaire ou de ses liens avec le système financier mondial », indique l'institution dans son rapport trimestriel. Et estimé que la capacité de l'économie du pays à se raccrocher à la reprise mondiale en cours dépendra essentiellement de la vitesse à laquelle ses déséquilibres budgétaires seront résorbés. Robert Jule

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