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Les «Family officers», ces hommes de l'ombre des grandes fortunes

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Publié le 24 janvier 2013 à 22:02 - Mis à jour le 24 janvier 2013 à 22:02

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Le projet de taxer les très hauts revenus à 75% sera-t-il abandonné, comme le prétendait Europe 1 ce jeudi matin, ou sera-t-il maintenu comme l\'assure Matignon? Une certitude: depuis la campagne présidentielle de 2012, le sujet de la fiscalité donne du grain à moudre à la très discrète profession de «family officer», c\'est-à-dire de gérant de grandes fortunes familiales, comme celles des Bettencourt, des Pinault, des Peugeot ou encore des Mulliez. De fait, l\'association française du family office (AFFO), qui organisait aujourd\'hui une conférence de presse, intitulée «Le family office, un métier en plein développement».Le family officer, un chef d\'orchestreMais qu\'entend-on exactement par «family office» (ou «family officer» si l\'on parle d\'une personne et non d\'une structure)? Le terme existe aux Etats-Unis depuis la fin du 19e siècle, quand les Rockfeller avaient décidé de s\'entourer de personnes de confiance capables de gérer leur immense patrimoine, dans la durée. La terminologie anglo-saxonne est beaucoup plus récente en France mais le family officer n\'est autre que la version moderne de l\'homme de confiance, de l\'avoué des riches familles dépeintes dans les romans de Balzac.«Son but est d\'assurer la pérennité de l\'entreprise familiale», précise Jean-Marie Paluel-Marmont, président de l\'AFFO. Le family officer n\'est pas un notaire, ni un avocat, il ne s\'agit pas non plus d\'un conseiller financier, mais d\'une sorte de chef d\'orchestre chargé de recruter et de superviser l\'action de ces différents professionnels, afin de préserver et de faire fructifier de grands patrimoines privés, et ce, sur plusieurs générations.Un rôle de médiateur familialCes patrimoines étant généralement d\'origine entrepreneuriale, «nombre d\'actionnaires d\'entreprises familiales n\'ont en réalité pas choisi de l\'être. Nous devons les aider à devenir de bons actionnaires», explique Jean-Marie Paluel-Marmont. Loin de se limiter à la gestion d\'actifs financiers, immobiliers, le métier de family officer consiste donc également à définir une gouvernance familiale, à former les jeunes générations à leur «métier» d\'héritier, voire à jouer le rôle de médiateur en cas de conflit entre les membres de la famille. Comme cela avait été le cas en 2010 entre Liliane Bettencourt, principale actionnaire de L\'Oréal, et sa fille Françoise.Ce conflit avait d\'ailleurs mis un coup de projecteur sur Clymène, le family office gérant la fortune de Liliane Bettencourt et qui employait à l\'époque Florence Woerth, l\'épouse d\'Eric Woerth, alors ministre du Budget. L\'objectif du family officer est «d\'aider une famille à s\'organiser afin de préserver son patrimoine sur la durée», insiste Jean-Marie Paluel-Marmont.Un métier en forte croissanceAu nombre de 3.000 à 5.000 aux Etats-Unis, ces super-gestionnaires sont encore peu nombreux en France. Parmi sa centaine de membres, l\'AFFO compte une cinquantaine de family offices, certains étant dédiés à la gestion d\'une seule fortune familiale (on parle alors de mono-family offices), comme c\'est le cas pour les Dassault, d\'autres gérant au contraire les patrimoines de plusieurs familles. Dans ce dernier cas, il est question de multi-family offices, indépendants, comme Financière MJ, ou appartenant à des banques telles que Rothschild.«Notre métier connaît une croissance importante», assure Jean-Marie Paluel-Marmont, invoquant «les besoins liés à l\'accélération du cycle économique des entreprises». De fait, il n\'est pas rare aujourd\'hui de voir un dirigeant revendre sa société moins de dix ans après l\'avoir créée, voire plus tôt encore dans le secteur de l\'Internet. D\'où la constitution plus rapide qu\'autrefois de grosses fortunes, dont la gestion laisse certains «nouveaux riches» désemparés.20 millions pour s\'offrir les services d\'un multi-family office«Le métier de family officer est dans une pente ascendante mais il ne s\'agit pas d\'une explosion, et ce, en raison de son coût», nuance Bernard Camblain, président d\'honneur de l\'AFFO. Un patrimoine d\'un minimum de 20 millions d\'euros est en effet nécessaire pour prétendre s\'offrir les services d\'un multi-family office. Quant au recours à un mono-family office, il exige une fortune dix fois supérieure à ce montant...

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