Six dossiers brûlants pour le président

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Nicolas Sarkozy le sait. Il y a les grands dossiers programmés. Et il y a les impondérables qui peuvent à tout moment enflammer l'opinion. Le chef de l'État a donc pris le soin, samedi, de s'adresser à ses quelque 200.000 fans sur le réseau social Facebook : « Je m'exprimerai à la télévision lundi, pour répondre aux questions des Français et parler des grands enjeux de l'année 2010. N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, et des sujets qu'il vous paraît important que j'aborde. »L'intervention du chef de l'État sur TF1 est séquencée en deux parties : une interview dans le journal de 20 heures, puis un dialogue avec onze Français, prévu pour durer une heure. Au menu de cet exercice de « proximit頻 déjà effectué en leur temps par François Mitterrand et Jacques Chirac : l'emploi, la taxe carbone, le pouvoir d'achat, les retraites et sans doute aussi la sécurité dans les lycées, l'identité nationale et la grippe A.La date de l'émission ne doit rien au hasard. Franck Louvrier, responsable de la communication de Nicolas Sarkozy, explique qu'on arrive aux « mille jours » du quinquennat et qu'il y a besoin, à mi-mandat, de se livrer à un bilan d'étape des réformes, mais aussi de donner de « la perspective » au moment où se dessine, timidement, une sortie de crise. Il relativise le caractère exceptionnel de l'émission en rappelant que chaque semaine le chef de l'État participe à des tables rondes lors de ses déplacements en région.Mais devant les téléspectateurs, Nicolas Sarkozy, qui vient de se livrer à une quinzaine de cérémonies de voeux et autant de discours, devrait mettre en avant son tout nouveau profil de rassembleur, esquissé lors de son intervention télévisée du 31 décembre. Il y a quelques jours, il a souhaité à Cholet un débat public avec « moins d'injures, moins d'antagonismes ».Le Parti socialiste a critiqué par avance l'intervention présidentielle, estimant que TF1 est « un relais complaisant » pour Nicolas Sarkozy. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, sera mardi l'invitée du 20 heures de la chaîne pour répondre au chef de l'État. Sans même se soucier de l'opposition, Nicolas Sarkozy est sur un terrain glissant face à une opinion, qui manifeste actuellement une sorte de défiance vis-à-vis des responsables politiques. L'échec du sommet de Copenhague, les dérapages du débat sur l'identité nationale brouillent le message élyséen sur la poursuite des réformes. Et la question lancinante des finances publiques n'en finit pas de provoquer des fissures au sein de la majorité. Enfin et surtout, l'affaire Proglio, sorte de répétition calamiteuse de la nomination avortée de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, est venue percuter de plein fouet la stratégie de communication de Nicolas Sarkozy, qui, outre TF1, sera mercredi à Davos pour appeler une fois de plus les patrons et les banques à plus de modération sur la question des rémunérations et des bonus.Pour le chef de l'État, le vrai rendez-vous avec les Français aura lieu les 14 et 21 mars, à l'occasion des élections régionales. Nicolas Sarkozy a lancé l'UMP à l'assaut des régions socialistes le 28 novembre, mais s'est depuis placé en retrait pour tenter de conjurer un vote sanction de sa politique.

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