Salon de l'agriculture : de la crise de la vache folle au scandale de la viande de cheval

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Le cheval va-t-il se faire aussi gros que le bœuf? Samedi, le 50e Salon de l\'agriculture ouvre ses portes sur fond de crise de confiance des consommateurs, plombée par le scandale de la viande de cheval. Mais si Stéphane Le Foll a d\'ores et déjà posé le décor - le ministre de l\'Agriculture souhaite en effet se faire le héraut de la viande \"made in France\" - ce contexte de crise n\'est toutefois pas nouveau. Par le passé, la crise de la vache folle avait déjà empoisonné ce rendez-vous annuel. Comment à l\'époque le gouvernement avait-il géré la situation? La Tribune vous propose un petit flash back. 1997 : Le premier Salon post-vache folle.En 1997, le 34e Salon de l\'agriculture ouvre ses portes presque un an après le début de la crise de la vache folle. Déjà, le ministère de l\'Agriculture s\'attache à rassurer le consommateur en garantissant la qualité et la sécurité de la chaîne alimentaire. Les députés planchent alors sur un projet de loi sur la qualité sanitaire des denrées alimentaires. Jacques Chirac, alors président de la République, ne manque pas d\'apporter son soutien aux acteurs de la filière bovine durement touchés par ce scandale. Le marché du bœuf connaît effet une chute vertigineuse. 2001: malaise au SalonQuatre printemps plus tard, en 2001, le 38e Salon de l\'agriculture démarre après la \"seconde\" crise de la Vache folle. \"Chacun a compris qu\'il faut reconquérir la confiance des consommateurs et chacun montre les efforts faits pour sécuriser l\'alimentation\", expliquent à l\'époque les représentants de la Fédération nationale des syndicats d\'exploitants agricoles (FNSEA), la centrale syndicale agricole française, très présente dans le salon. Le malaise est perceptible.Jacques Chirac s\'est d\'ailleurs livré à une violente charge contre l\'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), créée en 1998. Le président juge l\'agence \"irresponsable\" d\'avoir, dans un avis rendu public, recommandé par précaution d\'écarter de la consommation un nombre accru de matériaux à risque ovins et caprins, rapporte un quotidien de l\'époque. Une mesure destinée à éviter une \"éventuelle transmission de l\'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, ou maladie de la vache folle) à l\'homme\".\"Ces gens-là feraient mieux, avant de parler, de commencer à s\'assurer que ce qu\'ils vont dire correspond à une réalité, sinon c\'est de l\'incitation à la panique\", déclare le chef de l\'Etat. \"Et faire ça la veille ou l\'avant-veille du Salon, c\'est véritablement une preuve au moins de bêtise et de mauvais goût. Il y a longtemps que l\'on prend toutes les précautions nécessaires sur le mouton. Cela ne date pas d\'hier\", rappelle-t-il, soulignant qu\'on \"n\'a aucun témoignage, aucune preuve nouvelle de quoi que ce soit\". En outre, \"le gouvernement ne peut pas prendre, puisqu\'il n\'y pas de preuves, de mesures, et donc tout ceci ne rime à rien\", ajoute-t-il. Bref, l\'Elysée fulmine. Mais au-delà des consommateurs, ce sont les éleveurs qu\'il faut rassurer. Ces derniers réclament des aides. Et pour cause, la consommation de viande bovine a sévèrement baissé (-26% fin janvier 2001 selon les des chiffres du Centre d\'information des viandes). C\'est pourquoi le Premier ministre de l\'époque, Lionel Jospin exhorte la Commission européenne à prendre une série de mesures d\'aides directes à la filière bovine, lors de sa visite au Salon. 2013: le crise de la viande de cheval réveille ces craintesQuinze ans plus tard, comment la classe politique va-t-elle gérer la situation? Le rendez-vous est en effet un passage incontournable pour les personnalités politiques. Et si le scandale de la viande du cheval n\'a pas, pour l\'heure, eu de conséquence sanitaire, la question remet sur le devant de la scène un sujet particulièrement sensible. Pour l\'heure, François Hollande n\'a pas encore pris position sur le scandale de la viande de cheval. Le président a seulement fait valoir qu\'il faudrait \"prendre des sanctions\" contre les responsables. De son côté - le thème est dans l\'air du temps -  Stéphane le Foll s\'est posé en héraut de la viande \"made in France\". Au Salon de l\'agriculture, les charolaises, limousines et autres blondes d\'Aquitaine devraient donc rester les stars.

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