Le repreneur de Saab veut rassurer les clients de la marque
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Volubile, et un grand communicant. Le PDG de Spyker, petit constructeur néerlandais de voitures de sport qui a repris fin février le suédois Saab, mène cette semaine une opération de charme en Europe. But de sa tournée : convaincre concessionnaires et clients que la marque de Trollhättan, lâchée par General Motors, va survivre et même prospérer. Le bouillant homme d'affaires table ainsi sur « 50.000 à 55.000 ventes cette année », contre 39.000 à peine en 2009, et « 125.000 en 2012 », comme en 2007. À cet horizon, « Saab sera profitable », a-t-il souligné mercredi lors de son passage à Paris. « Nous n'avons pas besoin de nouveaux clients. Il faut ramener les clients traditionnels qui ont pu se détourner ces dernières années ». Le patron de Spyker espère séduire « 10 % du 1,5 million de propriétaires de Saab en circulation chaque année, ou encore 3 % des 4,5 millions de personnes qui ont un jour possédé une Saab ».Deux nouveaux modèles, concoctés sous l'égide de GM, sont d'ailleurs techniquement prêts. Saab commercialisera ainsi sa grande berline 9-5 II en septembre - suivie dans un an d'une version break -, et un 4×4, la 9-4X, début 2011. La remplaçante de son actuelle berline moyenne, la 9-3, devrait sortir à la mi-2012. Enfin, Victor Muller rêve d'une « petite » 92, un peu rétro, évoquant la première Saab d'après-guerre. Victor Muller se dit même prêt à embaucher 500 personnes en Suède, portant les effectifs à 4.000 salariés.Structurellement profitableLe scepticisme des esprits chagrins, Victor Muller le balaye d'emblée. Oui, Saab est seul. Et alors? « Les constructeurs mondiaux ont besoin de vendre leur technologie pour faire des économies d'échelle. On a déjà engagé des discussions. Nous ferons des partenariats ». La firme scandinave a-t-elle assez d'argent? « Nous avons 1 milliard de dollars de trésorerie ». Saab a-t-il les moyens de se déployer hors d'Europe? « Nous disposons d'un réseau de 1.100 points de vente dans le monde, dont 260 aux États-Unis. Nous allons par ailleurs nouer un partenariat en Chine avec BAIC ». Saab n'est-il pas structurellement déficitaire ? « Plusieurs filiales rentables n'étaient pas consolidées dans Saab. Maintenant, elles le sont. Saab, en fait, est structurellement profitable. » L'actionnariat de Spyker n'est-il pas opaque ? Pas du tout. Le PDG étudie même une cotation à Londres et Stockholm. Rude gageure.
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