Nicolas Sarkozy met la barre à droite toute après la défaite

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Rien ne serait pire que de changer de cap. » Trois jours après la lourde défaite de l'UMP aux élections régionales, Nicolas Sarkozy a pourtant tiré les leçons du scrutin en mettant la barre à droite toute, dans un retour aux fondamentaux qui avaient permis sa victoire à l'élection présidentielle de 2007 : aide à l'investissement, refus d'une augmentation des impôts, sécurité et identité nationale.Au lendemain du recul du gouvernement sur la taxe carbone, le chef de l'Etat a confirmé que son adoption en France était désormais conditionnée à la mise en place d'une fiscalité écologique « aux frontières » de l'Europe pour protéger l'agriculture et l'industrie hexagonales « contre la concurrence déloyale de ceux qui continuent à polluer sans vergogne ». L'Europe qui a aussi été prise pour cible dans une mise en garde sur la réforme de la politique agricole commune (lire ci-dessous).Les leçons du scrutinNicolas Sarkozy a visiblement retenu des résultats du scrutin régional le reflux du vote UMP dans les catégories populaires, chez les agriculteurs mais aussi chez les médecins. Il a aussi pris acte de la remontée du Front national, dont il estimait avoir « asséch頻 l'électorat il y a trois ans. « Par vos choix et par l'abstention, qui a atteint un niveau extrêmement élevé, vous avez voulu exprimer ce que vous ressentiez dans un contexte de crise. [...] Mon devoir est d'entendre ce message », a déclaré le président dans une allocution solennelle à l'issue du Conseil des ministres, sa première réaction publique depuis le vote des Français.Porte-parole des 317 députés UMP, Jean-François Copé a appelé, dimanche soir, à un retour « aux fondamentaux » du sarkozysme. Mardi, les élus de la majorité ont fait entendre « la voix du terrain », en fustigeant pêle-mêle, lors d'une séance de « psychothérapie » collective, le « style » du chef de l'Etat, la poursuite de l'ouverture via la nomination du socialiste Didier Migaud à la Cour des comptes, « l'illisibilit頻 des réformes, la taxe carbone et la réforme territoriale.Nicolas Sarkozy, qui recevra les parlementaires de la majorité mercredi prochain, leur a répondu qu'il n'était pas question d'arrêter les réformes. « Arrêter maintenant, ce serait ruiner les efforts accomplis. Vous m'avez fait confiance pour moderniser la France. Je tiendrai mes engagements. » Il a aussi défendu l'ouverture, qui a pourtant subi un coup d'arrêt lors du remaniement ministériel de lundi. « C'est ma responsabilité de veiller à ce que la pluralité des opinions soit respectée dans le choix des femmes et des hommes appelés à exercer des responsabilités », a-t-il insisté.Chantier prioritaire, la réforme des retraites sera conclue dans les six mois, a assuré Nicolas Sarkozy. Mais il a promis de « ne pas passer en force ». « Le temps qu'il faut sera donné à la discussion avec les partenaires sociaux », a-t-il dit en promettant, sans autre détail, des mesures « nécessaires et justes ». Le chef de l'Etat a aussi promis de « continuer à alléger nos charges sur le travail et sur l'investissement », de « refuser toute augmentation des impôts » et de « continuer à investir dans l'innovation, la recherche, les infrastructures ».Décidé à tenir bon sur le terrain de l'identité nationale, malgré les critiques de ceux qui à droite lui reprochent de raviver ainsi les thèses du FN, Nicolas Sarkozy a confirmé le dépôt par le gouvernement d'un projet de loi d'interdiction du voile intégral. Il a aussi promis de lutter contre l'absentéisme scolaire en réclamant des « sanctions effectives » contre les parents, comme la suppression des allocations familiales.

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