Les enfants n'ont pas été épargnés par la crise

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La crise est sans pitié. Selon l’enquête de l’Insee portant sur les revenus et les patrimoines en 2010 publiée ce mercredi, le taux de pauvreté des enfants a augmenté entre 2009 et 2010. Alors qu’il s’élevait en moyenne annuelle à 17,6% entre 2005 et 2009, fixant le nombre d’enfants pauvres à 2,4 millions environ, le taux a grimpé à 19,6% en 2010 dans la foulée de la récession de 2009.Cette année-là, le PIB tricolore a reculé de 2,6%. Le timide rebond de 1,4% de l’activité observé en 2010 n’aura donc pas été assez puissant pour empêcher le taux de pauvreté des enfants d’augmenter. Résultat, en 2010, l’Institut a recensé 2,7 millions d’enfants pauvres.Selon l’Insee, le seuil de pauvreté dite monétaire est défini par convention à 60 %du niveau de vie médian. En 2010, 8,6 millions de personnes vivent en dessous de ce seuil, qui s’élève à 964 euros par mois. La moitié d’entre elles vivent avec moins de 781 euros par mois.La plus forte contribution à la hausse globale de l’activitéSans réelle surprise, l’Insee constate que les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté en 2010 sont en fait celles des populations inactives : les retraités (11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres), les adultes inactifs autres que les étudiants et retraités (16 %) et, surtout, les enfants (63 %), le terme désignant ici les personnes de moins de 18 ans.« Le fait que les familles monoparentales et les couples avec enfants soient davantage concernés par la hausse de la pauvreté en 2010 que d’autres catégories de population traduit le même phénomène. Ainsi, le taux de pauvreté des familles monoparentales passe de 30,9 %en 2009 à 32,2 %en 2010 et celui des couples avec enfants de 11,9 % à 12,7 %. Le taux de pauvreté des personnes seules passe, lui, de 17,2 % à 17,8 % et celui des couples sans enfants baisse (de 7,0 % à 6,5 %).Deux explications pour l’InseePour expliquer cette triste tendance, l’Institut avance deux explications : « cette évolution spécifique constitue en fait un contrecoup de 2009, année durant laquelle deux éléments avaient contribué à contenir la hausse du taux de pauvreté des enfants. D’une part, deux primes exceptionnelles avaient été versées en 2009 aux ménages dans le cadre du plan de relance et ne l’ont pas été en 2010 : 150 euros aux bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire, ainsi qu’une ‘prime de solidarité active’ de 200 euros aux bénéficiaires du revenu minimum d’insertion, de l’allocation de parent isolé ou d’une aide au logement.Second point avancé par l’Insee, la revalorisation des prestations familiales en 2009 s’était faite sur la base d’une prévision d’inflation finalement surestimée de l’ordre d’un point, si bien qu’aucune revalorisation n’est intervenue en 2010. « Au final, le cumul de ces différentes mesures a contribué à limiter de 0,8 point la hausse du taux de pauvreté des enfants en 2009, mais aussi, par contrecoup, à l’accentuer d’autant en 2010 », estime l’Institut. 

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