L'hégémonie allemande agace un nombre croissant d'Européens

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Accord sur un pacte de croissance, accord sur un salaire minimum par branche dans chaque pays européen, accord sur un mécanisme européen de lutte contre le chômage des jeunes dans les pays les plus touchés par la crise. Angela Merkel aura tenté de montrer aux Européens qu\'elle est prête à lâcher du lest. Mais ses efforts pour renforcer l\'image de coopération entre elle et les dirigeants européens sur la gestion de la crise dans la zone euro n\'auront pas fait illusion aux yeux des opinions publiques. C\'est ce que montre un sondage de l\'institut Harris pour le Financial Times, selon lequel la domination de l\'Allemagne agace une partie des citoyens de l\'Union européenne.Les Espagnols sont les champions du germano-scepticismeCe sondage révèle en effet que les Italiens et les Espagnols, plus particulièrement, mais aussi les Français et les Britanniques dans une moindre mesure, et même les Allemands, sont de plus en plus nombreux à considérer que Berlin domine trop en Europe. L\'Espagne, qui a vu la part de germano-sceptiques passer de 67% à 88% entre février 2011 et mai 2013 est la plus touchée. Suivent de près les Italiens, avec 82% contre 53% il y a un an et demi. Même si elle est moins touchée, la France compte désormais une majorité de mécontents face à une Allemagne qui dicterait sa loi, selon eux, au reste de l\'Europe. Et, même si cela reste faible, la part des Allemands qui considèrent que leur pays prend trop de place dans la prise de décision au niveau européen a doublé, passant de 10% à 20%.Le sud de la zone euro conteste l\'austérité sans croissanceEn jeu, selon les résultats du sondage, la question de l\'austérité. Les Italiens et les Espagnols, notamment, considèrent qu\'un pouvoir croissant de Berlin serait mauvais pour leurs intérêts, et que la chancelière allemande se trompe en insistant sur l\'austérité budgétaire imposée aux pays du sud de la zone euro alors que l\'on se trouve face à un risque de récession.Le droit de regard de Bruxelles sur les budgets nationaux passe malEnfin les Européens ont très mal reçu les prises de position de Bruxelles, dans le cadre du semestre européen, sur la gestion des budgets nationaux. Ainsi, deux tiers des Britanniques considèrent qu\'ils ne faudrait pas transférer plus de pouvoir à la Commission européenne sur la question des budgets. Les Français sont 58% à s\'y opposer aussi. Mais en tête avec 69% d\'opposants, ce sont les Allemands qui sont les plus nombreux à refuser que Bruxelles ne mette plus le nez dans leurs affaires budgétaires.

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