La première banque mondiale (en Bourse) n'est plus chinoise, mais... américaine

Exit ICBC (Industrial & Commercial Bank of China), bonjour Wells Fargo. La banque américaine est devenue la première capitalisation boursière mondiale du secteur, ce mercredi, avec un poids de 237 milliards de dollars, détrônant sa rivale chinoise ICBC (225 milliards). Tout un symbole : depuis 2007, c'est-à-dire depuis le début de la crise des « subprimes » (crédits hypothécaires américains à risque) - qui a causé tant de dégâts au sein des banques occidentales, et en particulier américaines -, ICBC dominait l'industrie financière, en termes de capitalisation boursière. A son apogée, en novembre 2007, lorsque que l'économie chinoise progressait à vitesse grand V, la banque pesait 374 milliards de dollars, en Bourse.Les investisseurs s'inquiètent des mauvaises créances détenues par les banques chinoisesMais, depuis quelques mois, le vent a tourné. Les investisseurs s'inquiètent du niveau élevé des mauvaises créances détenues par les banques chinoises. Celles-ci, qui ont prêté sans compter ces dernières années, ne risquent-elles pas de voir nombre d'emprunteurs faire défaut, l'économie chinoise donnant des signes d'essoufflement notables ? Les banques chinoises elles-mêmes ne se font plus confiance, comme l'a montré le bond des taux interbancaires (auxquelles elles se prêtent de l'argent entre elles), le mois dernier. Conséquence de ces inquiétudes, les cours des banques chinoises ont dévissé, si bien que leur valorisation boursière ne représente plus aujourd'hui que 0,99 fois leurs fonds propres, en moyenne, contre un multiple de 1,2 pour leurs concurrentes américaines.Wells Fargo est le premier fournisseur de prêts hypothécaires, aux Etats-UnisC'est que ces dernières bénéficient de l'amorce de reprise économique aux Etats-Unis, comme l'ont montré leurs bons résultats du deuxième trimestre. En particulier ceux de Wells Fargo, qui a enregistré un énième bénéfice trimestriel record, en hausse de 19%, à 5,52 milliards de dollars, grâce, notamment, au regain de tonus du marché de l'immobilier. Quatrième banque américaine par la taille de ses actifs, Wells Fargo n'en est pas moins le premier fournisseur de prêts hypothécaires des Etats-Unis. Ainsi que la première capitalisation boursière du secteur au pays de l'Oncle Sam et, à présent, à l'échelle mondiale.Warren Buffett a fait de Wells Fargo la principale participation de son portefeuilleUne consécration pour la société fondée en 1852, à San Francisco, par Henry Wells et William Fargo, afin de convoyer les fonds nécessaires à la conquête de l'Ouest américain, au moyen des fameuses diligences qui ornent aujourd'hui encore le logo de la banque. Longtemps cantonnée dans l'ombre des grandes banques américaines comme JP Morgan ou Bank of America, Wells Fargo a changé d'envergure fin 2008, avec le rachat de Wachovia.Contrairement à nombre de ses rivales, Wells Fargo est donc sortie renforcée de la crise financière de 2008. Pas seulement grâce à l'acquisition de Wachovia. Mais également parce que la banque est très peu présente dans les activités de marché, très cycliques, et qu'elle cultive une tradition de prudence qui lui a notamment permis de se tenir à l'écart de la bombe des subprimes. A quoi s'ajoute une activité essentiellement centrée sur les Etats-Unis, et donc à l'abri de la crise de la zone euro. En bref, un business model simple, aisé à cerner, comme les aime le célèbre financier Warren Buffett. Qui, en une vingtaine d'années, a fait de Wells Fargo la principale ligne de son portefeuille, avec un poids de près de 20%.  

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