Les banques islamiques du Qatar, championnes mondiales de la croissance

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Petit quizz. Quelles sont les banques qui enregistrent la plus forte croissance au monde ? Les banques chinoises? Perdu. Les banques indiennes ? Pas davantage. C'est aux banques islamiques du Qatar que revient le titre de championnes du monde de la croissance, d'après une récente étude de l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's (S&P).Les banques islamiques de l'émirat - qui respectent les principes de la charia, notamment en proscrivant la notion d'intérêt - affichaient à la fin 2012 des actifs totaux de 54 milliards de dollars. Un montant qui correspond à une croissance annuelle de 35% en moyenne, au cours des cinq derniers exercices, soit la plus forte de l'ensemble des banques mondiales, selon S&P.Et les banques islamiques du Qatar ne sont pas près de perdre leur couronne : leurs actifs devraient encore progresser de 15% par an, d'ici à 2017, pour atteindre à cet horizon les 100 milliards de dollars, d'après Timucin Engin, analyste chez S&P.Un montant qui « fera des banques islamiques du Qatar le troisième plus important secteur bancaire du Golfe, après l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis », précise Timucin Engin. De 2011 à 2016, le Qatar a prévu de dépenser entre 15 et 18 milliards de dollars par an A l'origine de cet essor des banques du Qatar : le plan de développement à long terme National Vision 2030, lancé fin 2008 par l'émirat afin de diversifier son économie, très dépendante des exportations de pétrole et de gaz naturel. De 2011 à 2016, le Qatar a ainsi prévu de dépenser entre 15 et 18 milliards de dollars par an pour financer son développement dans la finance, les transports, le tourisme, etc. Sans oublier qu'en 2022, l'émirat accueillera la Coupe du monde de football, un événement pour lequel il a prévu d'investir la vertigineuse somme de 200 milliards de dollars, selon le cabinet Deloitte.Or, en l'absence d'un marché obligataire suffisamment mature et profond au Qatar, le crédit bancaire local s'est imposé comme le principal moyen de financement de ces investissements gigantesques. Résultat, les encours de crédit alloués par les banques qataries ont bondi de 30,9% par an, depuis 2006. Les banques islamiques du Qatar doivent trouver des relais de croissance à l'étranger Mais « les banques islamiques pourront-elles continuer à croître à un rythme aussi rapide, une fois que le gouvernement aura ralenti ses projets d'infrastructures ? », s'inquiète déjà S&P. L'agence en doute. Notamment parce qu'avec une population de moins deux millions d'habitants, de surcroît composée essentiellement d'expatriés qui gardent généralement leur compte bancaire dans leur pays d'origine, le Qatar n'est pas près de voir le crédit aux particuliers prendre le relais du crédit aux entreprises et aux organismes publics.Pour S&P, c'est donc hors de leurs frontières géographiques que les banques islamiques du Qatar devront trouver des relais de croissance. A l'image, d'ailleurs, de certaines banques conventionnelles qataries qui, au cours des 18 derniers mois, se sont lancées à la conquête de marchés comme la Turquie et l'Egypte.   

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