Egypte : après le référendum, des mesures d'austérité nécessaires

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En choisissant une procédure accélérée pour faire adopter la nouvelle Constitution, critiquée pour sa tonalité islamiste, le président égyptien Mohamed Morsi s’est aliéné une grande partie des libéraux, des laïcs, de la gauche et des coptes, et risque de rencontrer des difficultés pour aboutir à un consensus national sur les mesures d’austérité qui vont s’imposer. Le gouvernement Morsi va en effet devoir imposer des réformes impopulaires s’il compte obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars (3,6 milliards d\'euros) en négociation avec le Fonds monétaire international (FMI). Selon des estimations non officielles, 64% des suffrages exprimés auraient voté en faveur du texte. L’opposition évoque des fraudes et autres irrégularités.Effondrement des réserves de change, prêt du FMI en stand-byL\'Egypte, autrefois appréciée des investisseurs intervenant sur les marchés émergents, traverse une grave crise économique. Son déficit budgétaire s\'est creusé pour atteindre 11% du PIB sur l\'exercice fiscal clos en juin dernier, et devrait encore dépasser les 10% sur l’exercice en cours. Mohamed Morsi a déjà expérimenté la difficulté de faire passer certaines mesures d’austérité. Avant le scrutin sur le référendum, il a décidé de repousser l\'entrée en vigueur d\'une hausse de taxes sur les biens et services (boissons alcoolisées, cigarettes, permis de conduire, licences d\'exploitation de carrières) quelques heures seulement après leur publication au Journal officiel. L\'octroi du prêt du FMI a aussitôt été différé. Or les réserves de changes se sont dramatiquement asséchées, à un rythme de 600 millions de dollars par mois, retombant à 15 milliards, moins de la moitié du niveau où elles se trouvaient avant la chute de Moubarak.  

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