Dette  : comment s'en débarrasser

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Avant la crise, du point de vue de l'endettement, la France était au bord du gouffre. Depuis, elle a fait un grand pas en avant, et? rien. C'est que, dans les dix-huit derniers mois, tous les États ont vu leur dette s'aggraver en moyenne de « 20 points de PIB », comme disent les économistes, autrement dit de l'équivalent de 20 % de la richesse produite en une année. Or, à partir d'un certain degré d'endettement, le plus ennuyé n'est plus le débiteur mais le créancier. Les États vont chercher à se débarrasser de leur dette par tous les moyens. Le plus honnête, celui en tout cas qu'on mettra en avant, c'est le remboursement rubis sur l'ongle. Quitte à emprunter davantage pour rembourser : c'est exactement ce que fait la France depuis trente ans. Deuxième option : si la croissance redémarre et si on ne fait pas de folies, une grosse dette peut s'éroder assez vite ? Éric Woerth affirme possible de réduire le déficit de 5 points de PIB d'ici à 2013, ce qui semble tout de même très optimiste. Troisième option : l'inflation. Pas question de lâcher les rênes de façon trop visible, cela ne ferait que rendre les prêteurs méfiants. Mais mine de rien, les prix grignotent la dette : 0,9 % de hausse en 2009, avec des taux d'intérêt restés au plancher, sans doute un peu plus en 2010, et nos banquiers centraux vont sûrement attendre d'être bien sûrs que l'activité reparte avant de resserrer leur politique monétaire. Ce sera toujours autant de gagné. Dernier moyen, le plus radical : répudier la dette. Le gouvernement islandais soumettra à référendum le 20 février le remboursement de 3,5 milliards d'euros à des épargnants britanniques et néerlandais ruinés par la faillite en 2008 des banques islandaises. Si le peuple dit non, cette dette n'existera plus. La France a fait ce coup-là une fois, en 1797, avec la faillite des deux tiers. Mais le remède serait trop douloureux : l'épargne investie en bons d'État est largement nationale (à 40 % en France, à 60 % aux États-Unis). Euthanasier les rentiers, comme disait Keynes, c'est bon pour les pays jeunes. sgherardi@latribune.fr Sophie Gherard

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