Un milliard d'euros pour « verdir » les autoroutes

Trois ans de travaux, 1 milliard d'euros d'investissements : Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, a signé lundi avec cinq sociétés d'autoroutes des avenants à leurs contrats de concession, aux termes desquels elles s'engagent à améliorer les performances environnementales de leur réseau. ASF, Cofiroute et Escota, filiales de Vinci, investiront ensemble 750 millions d'euros ; Sanef et SAPN, 280 millions. En contrepartie, leurs concessions seront prolongées d'un an.« Nous allons creuser des bassins de décantation des eaux, édifier des murs antibruit, déployer des enrobés permettant de réduire la pollution sonore, installer des filtres à roseaux sur les aires de repos », détaille Pierre Coppey, PDG de Vinci Autoroutes, qui gère 4.300 km sur les 8.000 km du réseau autoroutier concédé au privé. « Nous allons aussi déployer largement le télépéage sans arrêt afin de diminuer les émissions de CO2 et de réaliser des parkings pour favoriser la pratique du covoiturage. Ces travaux vont soutenir l'activité des entreprises de construction : ce niveau d'investissement correspond à l'équivalent de 4.000 emplois sur un an. Sans impact sur les finances publiques, puisque nous finançons nos investissements sur de la dette privée dont nous serons remboursés aux termes de nos contrats de concession. »Un premier round de négociations entre l'État et les sociétés d'autoroutes avait échoué en juillet. Depuis, le trafic automobile sur les autoroutes s'est redressé et l'accès aux marchés financiers est plus aisé. Aussi, les sociétés signataires ont pu améliorer leurs offres : la contribution de Vinci est ainsi passée de 650 à 750 millions d'euros, qui vont s'ajouter au milliard que le groupe investit dans ses trois réseaux chaque année dans le cadre des contrats de concession et des contrats de plan. Lorsque Vinci avait inauguré début juin l'A19 entre Orléans et Sens, les associations écologistes avaient dénoncé le terme d'« éco-autoroute » utilisé par le groupe de BTP. À raison : tant que les véhicules qui l'empruntent seront polluants, une autoroute ne pourra se dire écologique. Il reste que, en retraitant les eaux polluées ou en préservant la faune, les sociétés d'autoroutes agissent dans le bon sens.APRR absentElles défendent aussi leurs intérêts. À court terme, le secrétariat d'État aux Transports pourra d'autant moins revenir à la charge sur le sujet de la redevance domaniale, même s'il n'exclut pas de modifier le mode de calcul de cette taxe acquittée par les autoroutes pour la rendre plus dynamique.Reste une absente dans ce « paquet vert » : APRR. Eiffage a fait valoir que sa filiale autoroutière, dont la concession court jusqu'en 2032, ne pourrait amortir rapidement un investissement payé en 2033. Mais ASF était presque dans le même cas de figure. « APRR était en pleine discussion de son contrat de plan, ce qui n'est pas le cas d'ASF, le sien étant déjà en cours. Il a semblé plus opportun de prévoir dans le cadre de ce contrat de plan 2009-2013 des investissements visant à préserver l'environnement », fait valoir une source proche d'Eiffage. « APRR, poursuit-elle, est très en deçà des clauses de contrats de prêts définies par la Caisse nationale des autoroutes qui imposent un endettement inférieur à sept fois l'Ebitda et un Ebitda 2,2 fois supérieur aux charges d'intérêt. » « L'endettement d'APRR n'est pas un sujet d'inquiétude, confirme Charles-Édouard Boissy, analyste chez Oddo. Ceci dit, le montage pour l'acquisition d'APRR s'est fait avec un levier élevé, qui implique une certaine prudence sur les engagements à court terme. » Sophie Sanchez

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