Société Générale devance ses rivales françaises dans les pays émergents

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Pour les banquiers, la cause est entendue : à l'heure où l'Europe décline, il est impératif de se développer dans les pays émergents. Cette année, la croissance de ces économies dépassera de très loin celle de l'Europe de l'Ouest. D'après les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), elle atteindra 8,4 % en Asie du Sud-Est, 5,1 % dans la zone Afrique du Nord-Moyen-Orient et 3,1 % dans les pays d'Europe centrale et orientale (Peco). Contre seulement 1,5 % sur le Vieux Continent. Mais qui de BNP Paribas, Crédit Agricolegricole et Société Généralecute; Générale est la mieux placée pour profiter de ce dynamisme économique ? Dans une étude publiée mardi, le courtier Keefe, Bruyette & Woods (KBW) a apporté des premiers éléments de réponse.Au jeu des comparaisons, c'est Société Généralecute; Générale qui sort gagnante. La banque au logo rouge et noir a réalisé, en 2010, 26 % de son produit net bancaire dans les pays émergents. Une proportion nettement supérieure à celle de BNP Paribas (15,3 %) et Crédit Agricolegricole (9,4 %). Toutefois, ces deux dernières ont l'avantage de disposer d'une forte présence en Asie, où la croissance est la plus élevée, alors que Société Généralecute; Générale s'est concentrée ces dernières années sur l'expansion de son réseau de banque de détail dans les Peco, comme la République tchèque et la Roumanie, pays touchés par la crise. En 2010, la Générale a ainsi réalisé en Europe de l'Est près de deux tiers de ses revenus provenant des pays émergents, contre seulement 8 % sur le continent asiatique. Tous présents en AfriqueÀ l'inverse, BNP Paribas et Crédit Agricolegricole ont fortement accru leur présence en banque de financement et d'investissement (BFI) en Asie et bénéficient ainsi du dynamisme des marchés locaux. Au-delà de ces différences, les trois groupes bancaires français partagent deux points communs : une implantation anecdotique en Amérique latine et une forte présence en Afrique. BNP Paribas dispose d'un réseau important sur le continent, qui va du Maroc à la Libye, tandis que Société Généralecute; Générale a annoncé en novembre dernier son intention d'y ouvrir près de 500 agences d'ici à cinq ans. Dans les années à venir, « étant donné le ralentissement économique [en Europe], les banques françaises devraient se concentrer sur la croissance de leur présence dans les pays émergents », anticipe KBW. BNP Paribas, qui a déjà atteint son objectif de réaliser 15 % de ses revenus dans ces économies, pourrait annoncer de nouvelles ambitions et développer sa BFI et son activité de gestion d'actifs en Asie ainsi que sa banque privée dans le Bassin méditerranéen. Société Généralecute; Générale, pour sa part, avait indiqué dans son plan stratégique « 2015 » sa volonté de devenir un acteur leader en Russie, où elle vise 1 milliard d'euros de résultat net à terme. Quant à Crédit Agricolegricole, beaucoup de zones d'ombre subsistent sur ses intentions. La publication en mars de son plan à trois ans devrait apporter des réponses. D'après KBW, la nouvelle réglementation bancaire de Bâle III devrait limiter considérablement la capacité de la banque coopérative à mener un projet de croissance externe à l'étranger.

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