dialogues inattendus sur la crise

Une double paire d'yeux, celle d'un banquier, François Henrot, patron de la banque d'affaires Rothschild & Cie, et celle d'un philosophe, Roger-Pol Droit. Curieux alliage pour analyser la crise financière de 2007-2009. Ils le reconnaissent eux-mêmes : « En apparence, tout nous oppose. Le banquier veut faire du chiffre, du profit, des affaires. Le philosophe s'intéresse à ce qui n'a pas de prix : vérité, liberté, dignité. » Et pourtant, de ce dialogue inattendu naît une convergence sur l'essentiel, ce que Roger-Pol Droit appelle « la démesure de la raison », l'excès de confiance dans des postulats qui se sont révélés, à l'usage, faux. Nos deux complices s'attachent donc, à quatre mains, à essayer de comprendre ce qui s'est passé, et à réfléchir ensemble à la situation présente et à ce qui pourrait arriver demain. Car ils se retrouvent pour dire que la crise n'est pas achevée et va durer encore longtemps... Il résulte de ce pas de deux une visible fascination réciproque, malgré des désaccords, notamment sur la nécessité d'apporter une réponse réglementaire forte, thèse de Roger-Pol Droit, pour sauvegarder le capitalisme, à laquelle François Henrot oppose sa foi dans la survivance de ce système. Ph. Ma.« Le Banquier et le Philosophe », Roger-Pol Droit et François Henrot, Plon, 216 pages, 18,90 euros.Encadrer les bonus des traders ? Mieux réguler, plus généralement, les banques ? Ces décisions sont loin d'être à la hauteur des enjeux qui dominent la finance mondiale, expliquent Patrick Artus et Marie-Paule Virard, dans leur dernier ouvrage, « la Liquidité incontrôlable ». Le vrai problème, c'est aujourd'hui « l'excès de liquidité (monétaire) et la taille excessive des flux de capitaux » qui en découlent. Un excès né de la volonté des banques centrales d'éteindre l'incendie de la crise financière, mais qui risque fort d'alimenter de nouvelles crises. Car de nouvelles bulles vont apparaître. « Il est aujourd'hui aussi important de contrôler la quantité de monnaie qui fragilise le système financier que la quantité de CO2 qui pollue l'atmosphère », écrivent les auteurs. Mais ce n'est pas demain qu'une « organisation mondiale de la monnaie » apte à un tel contrôle verra le jour. En attendant, Artus et Virard posent les bonnes questions : faut-il revoir les missions des banques centrales ? Sont-elles complices des vieux (c'est-à-dire des rentiers) ? Les enjeux du face-à-face États-Unis-Chine ? Quelles sont les recettes de la sortie de crise ? Y. B.« La Liquidité incontrôlable », Patrick Artus et Marie-Paule Virard, Pearson, 18 euros.Le sarkozysme ne se résume pas à l'activisme d'un président très médiatique. Il existe bel et bien en tant que corpus idéologique. Depuis mai 2007, les réformes entreprises ont modifié en profondeur la société française en aggravant la fracture sociale et en favorisant les intérêts de certains groupes sociaux. Telle est, en tout cas, la thèse centrale de ce recueil d'enquêtes de journalistes du site Mediapart, fondé et animé par Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du « Monde ». Dans cette optique, sont ainsi décortiquées la volonté présidentielle de réguler le capitalisme, celle de rénover l'université, ou les initiatives européennes de Nicolas Sarkozy. Les antisarkozystes se régaleront. Les autres trouveront le propos totalement manichéen. P. C.« N'oubliez pas ! Faits & gestes de la présidence Sarkozy », par la rédaction de Mediapart, éditions Don Quichotte, 300 pages, 19,90 euros.
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