Retour aux sources pour les mutualistes

 |   |  571  mots
Le monde change, les banques mutualistes aussi. Pour elles, le premier semestre 2009 était encore entaché des stigmates de la crise. Mais le second a montré les signes de leur résurrection. Au bout du compte, le Crédit Agricolegricole a réussi à gagner 1,12 milliard d'euros en 2009, le Crédit Mutuel a enregistré un résultat net part du groupe de 1,19 milliard. BPCE affiche un profit de 537 millions malgré une lourde perte de 1,7 milliard d'euros pour sa filiale Natixis.L'année passée s'est inscrite sous le signe du changement, du recentrage et d'un nouveau départ pour la sortie de crise. Alors qu'elles ont rayé les activités de marché de leurs gènes, les banques mutualistes ont entamé un retour aux sources. Assises sur leurs riches caisses régionales et locales, le Crédit Agricolegricole, les Caisses d'Épargne et les Banques Populaires s'en sont rapprochés. Un mouvement que le Crédit Mutuel avait déjà enclenché en 2005, après avoir essuyé de lourdes pertes sur les marchés. Elles entrent ainsi dans une nouvelle ère et mettent fin à dix ans de concurrence frontale avec les banques cotées BNP Paribas et Société Généralecute; Générale. À l'époque, les sirènes de l'argent facile les avaient poussées à se lancer dans les activités de marché. Après 7,7 milliards d'euros de pertes en trois ans, le Crédit Agricolegricole et BPCE en sont revenus.Désormais, les banques mutualistes françaises présentent un nouveau visage. Proximité, relation clientèle, besoins des clients, financement de l'économie, rôle social des sociétaires, elles reviennent aux valeurs fondamentales du mutualisme. Concrètement, elles se concentrent sur leurs clients particuliers. Le suivi des entreprises sera limité aux grands comptes et aux services de base. Crédit Agricolegricole et Natixis ont considérablement réduit la voilure alors que CIC reste circonscrit à la France. Mais au-delà, les mutualistes mettent en avant leurs puissants réseaux. Les 9.000 agences du Crédit Agricolegricole en France, les 8.000 des Caisses d'Épargne et des Banques Populaires et les 5.000 agences du Crédit Mutuel vont redevenir leur coeur de métier, sur lequel elles s'appuieront dans la prochaine décennie. Leur unique développement sera consacré au déploiement à l'international, seule source de croissance alors que le marché français est verrouillé et mature. Preuve en est, le premier réseau, celui des caisses régionales du Crédit Agricolegricole, va présenter à la fin de l'année un plan stratégique à dix ans qui sera ancré dans la banque de détail et la proximité avec ses clients. De son côté, le groupe BPCE devra mettre en oeuvre une difficile coopération des réseaux Banque Populaire et Caisse d'Épargne avec Natixis. L'objectif est de faire de leur filiale cotée l'usine de l'ensemble des produits financiers du groupe. Si l'opération réussit, la logique voudrait que d'ici à cinq ans, BPCE et Natixis fusionnent. avec un objectif non avoué de créer un deuxième géant mutualiste assis sur deux réseaux, comme le Crédit Agricolegricole. En face, le Crédit Mutuel lance aussi une lente révolution. La caisse interfédérale Centre-Est Europe va accueillir sous son toit quatre nouvelles fédérations d'ici à deux ans, selon « Les Échos ». Les dix prochaines années seront plus que jamais celles de la bataille des mutualistes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :