L'Inde vise une croissance économique de plus de 10 %

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Pour l'économie indienne, le pire est passé. Selon l'Economic Survey, publié jeudi par le ministère indien des Finances, à la veille de la présentation aujourd'hui du budget pour l'exercice 2010-2011 (commençant le 1er avril), le pays va enregistrer une croissance de 7,2 % durant l'année fiscale qui s'achève, après 6,7 % pendant les douze mois précédents. Surtout, les perspectives sont brillantes : entre 8,25 % et 8,75 % pour l'exercice qui va commencer, et plus de 9 % en 2011-2012. Mieux encore, les experts du gouvernement estiment que « l'amélioration constante des fondamentaux de l'économie » permet d'espérer voir l'Inde « atteindre une croissance à deux chiffres et même devenir l'économie à la croissance la plus rapide du monde dans les quatre ans à venir ». À condition toutefois qu'il y ait « des améliorations dans les infrastructures, tant urbaines que rurales, et des réformes dans la gouvernance et l'administration ». Ces prévisions euphoriques en termes de croissance devraient inciter le gouvernement à adopter des mesures de sortie graduelle du dispositif de crise, dans le cadre du budget présenté aujourd'hui. Les nombreuses initiatives de stimulation fiscale adoptées en 2009 (baisses des taxes indirectes, subventions en tous genres) ont porté leurs fruits - et contribué à fortement dégrader le déficit des finances publiques : 6,8 % du PIB pour l'exercice qui s'achève, beaucoup plus si l'on y ajoute les déficits des États fédérés. Mais les experts du gouvernement se montrent optimistes. Selon le rapport de la 13e Commission des finances, publié jeudi, le déficit de l'État devrait reculer à 5,7 % du PIB en 2010-2011 puis jusqu'à 3 % en 2013-2014.discipline indispensablePour parvenir à ce résultat, il faudra instaurer beaucoup de discipline dans les comptes de l'État, souligne l'Economic Survey. Ce qui est d'autant plus indispensable que les plans de soutien ont contribué à alimenter l'inflation. Le ministère s'inquiète de la flambée des prix alimentaires, qui augmentent actuellement à un rythme de plus de 17 % sur un an. L'agriculture devrait donc être l'objet de réformes structurelles destinées à en améliorer la productivité.Pour permettre la concrétisation de ces scénarios économiques plutôt roses, toutes sortes de réformes sont jugées nécessaires par les autorités. Les obstacles au financement des grands projets d'infrastructures sont dénoncés, le rapport soulignant par exemple que 13 % seulement de l'objectif d'attribution de contrats pour la construction d'autoroutes ont été réalisés sur les huit premiers mois de l'année fiscale.Le rétablissement des finances publiques passera aussi par la poursuite d'un programme soutenu de désinvestissements de l'État. Selon le rapport de la Commission des finances, l'État devrait pouvoir lever 60 milliards d'euros par an durant les cinq prochaines années en réduisant sa participation dans les nombreuses banques et entreprises qu'il contrôle. n

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