Ambiance courtoise mais tendue au tribunal correctionnel de Nanterre
La Tribune
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Quatre ans après avoir été poussé à la démission de Vinci, Antoine Zacharias est apparu bien seul jeudi devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Confronté à une situation humiliante, l'ancien patron de Vinci est resté courtois, peinant tout de même à garder son calme ou restant confus quand la présidente, Isabelle Prévost-Desprez, le poussait dans ses retranchements. Très vite, la magistrate a rappelé l'ampleur des émoluments d'Antoine Zacharias, 71 ans, qui lui valent d'être poursuivi pour abus de biens sociaux. Son salaire d'abord, passé de 2,9 millions d'euros jusqu'en 2003 à 3,3 millions en 2004 et 4,2 millions en 2005, Antoine Zacharias ayant tout fait pour que celui-ci soit déplafonné. « Or c'est sur cette base qu'ont été ensuite calculées l'indemnité de départ et la pension de retraite », a-t-elle souligné. L'indemnité complémentaire de 12,8 millions, ensuite, alors que son départ, initialement, résultait « non d'une rupture, mais d'une décision personnelle », au point qu'il a « liquidé sa pension de retraite tout en continuant à exercer sa fonction de mandataire social ». Les 3,5 millions de stock-options (pour une plus-value potentielle estimée par la brigade financière à 124 millions d'euros) mais dont sa démission en juin 2006 lui a fait perdre une partie du bénéfice. La retraite chapeau, enfin, de 2,1 millions annuels, pour laquelle Vinci a dû constituer un fonds spécifique de 65 millions.« Ils mentent »Déplorant l'absence de témoins à l'audience, et notamment d'un administrateur clé de l'époque, le Britannique Quentin Davies, la présidente du tribunal a ironisé sur le choix de « cet Anglo-Saxon, forcément objectif et libre » pour présider à partir de mai 2004 le comité des rémunérations de Vinci. Antoine Zacharias est, en effet, soupçonné d'avoir « viré » le précédent comité des rémunérations, parce que ses membres, dont Alain Minc, s'opposaient au déplafonnement de son salaire. « Ils mentent », a-t-il rétorqué, affirmant que les administrateurs avait accepté le changement du comité. De là a découlé une bonne partie de sa ligne de défense : « Aucun administrateur n'ignore la rémunération du président du conseil », a-t-il martelé. « Ne laissez pas tout sur mes frêles épaules, le conseil existe », a-t-il encore ajouté. De fait, Georges Jourde, l'avocat de Vinci, partie civile au procès, lui a apporté son soutien en affirmant que les administrateurs avaient voté « en connaissance de cause » ses avantages financiers et que « le changement du comité de rémunération était nécessaire » - deux de ses anciens membres, Alain Minc et Serge Michel, étant en contrat avec Vinci. Antoine Zacharias a eu en revanche bien du mal à expliquer pourquoi les recommandations du cabinet spécialisé Towers Perrin, dont Quentin Davies avait demandé l'assistance et qui avaient pointé le risque inflationniste lié à l'application à compter de 2004 d'une nouvelle formule de rémunération entièrement variable, n'avaient pas été prises en considération. Sophie Sanchez
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