La venue en mars d'Emmanuel Macron a une nouvelle fois souligné l'intérêt du chef de l'État pour la cité phocéenne. Lancer l'opération Place nette XXL depuis la ville qui supporte difficilement les nombreux règlements de comptes s'enchaînant ces derniers mois est une manière de marquer la volonté d'éradiquer le trafic. C'est aussi une façon de montrer qu'elle est une ville où l'on peut expérimenter ce qui n'a jamais été fait auparavant, dans l'état d'esprit du plan Marseille en grand, censé être le laboratoire de la ville de demain.
Un mois a passé. Et l'opération Place nette XXL semble avoir porté ses fruits. Ici et là, on reconnaît que « c'est plus calme » que « la police est partout ». À l'occasion d'une rencontre avec les lecteurs de La Provence publiée hier, Gérald Darmanin a annoncé que le nombre de points de deal a été divisé par deux et réduit à zéro à la cité de la Paternelle.
Trop tôt pour se réjouir, évidemment. Mais l'occasion peut-être pour ceux qui œuvrent
au quotidien sur le terrain d'être plus audibles. D'autant que le constat est unanime : l'opération policière, oui, mais le problème comme la solution prennent racine dans ce qui manque sans doute le plus aux jeunes, la perspective d'un avenir en dehors du quartier. Et l'éducation. Chérifa Bouali ne le dit pas comme cela, mais la présidente des Perles rares de la Castellane, qui aide notamment au portage de repas à domicile, appelle à ne pas stigmatiser tous les jeunes des quartiers. « Le trafic existe partout, mais nous, nous vivons normalement. Les jeunes nous aident à porter nos sacs de courses », insiste-t-elle, même si elle a déménagé depuis la disparition, voici près de dix ans, de son fils Zakaria, présumé dealer, dont le corps n'a jamais été retrouvé.