Villepin sabre au clair contre Sarkozy en attendant 2012

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On ne peut pas rompre avec la France ». Pour le lancement de son mouvement politique, qui « sera porté sur les fonts baptismaux » le lendemain du 18 juin, date symbolique s'il en est pour tout gaulliste, Dominique de Villepin s'est livré jeudi à un réquisoire virulent et implacable contre la politique de réformes de Nicolas Sarkozy. Crédité de 8 % à 10 % d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, l'ancien Premier ministre a assuré que son mouvement serait « libre et indépendant, ouvert à tous, au-dessus des clivages partisans ». Mais il est resté sybillin sur la suite de l'aventure, qui pourrait impliquer une candidature alternative à celle du chef de l'Etat en 2012. « Je ne suis pas là pour défendre une ambition personnelle. » « C'est un peu tôt pour le dire, mais évidemment ça va jusqu'à une candidature », a tenu à préciser l'un de ses fidèles, le député UMP du Morbihan François Goulard.Une ironie mordantePrudent sur son avenir, Dominique de Villepin s'est déchaîné sur le bilan de Nicolas Sarkozy. Il a ironisé sur la volonté, affichée par le chef de l'Etat au lendemain des régionales, de revenir aux « fondamentaux » de l'élection de 2007. « Ce n'est pas aux fondamentaux mais aux fondements de la France, la République, la Nation, l'Etat, qu'il faut revenir », a-t-il dit en condamnant la « rupture » sarkozyste qui a ébranlé le « pacte social et républicain ».Partisan d'une « République solidaire », ce qui fait étrangement écho à la « gauche solidaire » voulue par Martine Aubry, se définissant comme « gaulliste et républicain », Dominique de Villepin a livré des « pistes » pour un éventuel projet présidentiel. Avec des propositions qui semblaient parfois davantage correspondre aux idées défendues par des socialistes comme François Hollande. Dénonçant le dogme sarkozyste de non-augmentation des impôts, il a ainsi estimé qu'il fallait trouver « comment augmenter les impôts de façon juste ». En plaidant pour la suspension du bouclier fiscal et l'augmentation de la plus haute tranche de l'impôt sur le revenu, pour la porter de 40 à 45 %, ainsi que pour une surcote de l'impôt sur les sociétés de 10 à 15 %, « le temps de permettre aux Français de traverser la crise ». Dominique de Villepin a également réclamé une « charte des salaires » pour « réduire l'écart entre les revenus ». Il a critiqué le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. « Le gras, ce n'est pas là qu'il est ! » a-t-il lancé, en estimant « qu'on ne peut pas réformer l'Etat en pointant du doigt ceux qui ont la charge de le servir ». L'ancien Premier ministre avait opportunément attendu le lendemain des régionales pour lancer son offensive contre un chef de l'Etat affaibli par l'un des plus mauvais scores électoraux de la droite. « J'ai le sentiment qu'au lendemain des élections, ce n'est pas une nouvelle politique, ce n'est pas un changement de politique qui a été choisi, alors qu'il s'impose », s'est-il exclamé lors de sa conférence de presse retransmise sur toutes les chaînes d'information et suivie par 150 journalistes français et étrangers.

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