Comment la Côte d'Azur entend rester la vedette des tournages de films

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Quel est le point commun entre Albert Spaggiari (incarné par Jean-Paul Rouve) sautant de la fenêtre du palais de justice de Nice et Grace de Monaco (jouée par Nicole Kidman) montant les marches de la basilique Saint-Michel-Archange? Celui d'avoir pour toile de fond la Côte d'Azur. Tout comme les 305 films, documentaires, séries télé, publicités et autres shootings photo mis en boîte en 2012. Les palmiers, le soleil, la Grande Bleue et les montagnes en arrière-plan ne sont pas étrangers à la chose. Logiquement identifiée « cinéma » - merci le Festival de Cannes! -, la région est aussi riche de quelque 420 entreprises spécialisées dans l'image et l'audiovisuel, dont le leader mondial de la numérisation des salles de cinéma, Doremi Technologies, sans oublier le centre de R&D de Dailymotion installé à Sophia Antipolis. « Le cinéma est une industrie porteuse pour notre territoire », martèle Bernard Kleynho, le président de la chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur.L'art de séduire les décideurs audiovisuelsEn 2012, ce sont 29,5 millions d'euros qui y ont été dépensés, générant 68 millions d'euros de retombées économiques indirectes et 29391 nuitées hôtelières. Tout irait donc pour le mieux sous le soleil si d'autres territoires ne manifestaient pas leur désir de voir les projecteurs également braqués sur eux. L'Île-de-France et la région Rhône-Alpes sont parmi les concurrents sérieux. Sans parler de l'Angleterre, de la Belgique, du Luxembourg, du Québec ou des pays de l'Est...Alors, pour ne pas se laisser souffler la vedette, la chambre consulaire, la commission du film et le comité régional du tourisme (CRT) de Côte d'Azur ont décidé de faire équipe et d'écrire le scénario d'une stratégie de conquête multicanaux. « Notre objectif est de développer une image lisible et attractive pour séduire les décideurs de la filière audiovisuelle », explique Bernard Kleynho.Dans le rôle de facilitateur, la commission du film conseille et accompagne les projets de tournage. Et son président depuis sa création en 1999, le sénateur et maire de Grasse Jean-Pierre Leleux, sait de quoi il retourne. En 1995, il « rattrape » de justesse le tournage de la série Dans un grand vent de fleurs, diffusée l'année suivante sur France 2 qui avait opté pour le Maroc plutôt que pour la cité des parfums. Il ne demande aucune compensation financière en retour. Les retombées économiques et celles en termes d'image pour la ville s'en chargent. Depuis, Jean-Pierre Leleux a convaincu certaines communes qui demandaient à être rémunérées d'abandonner leurs exigences. « Un tournage doit être perçu comme un investissement », estime-t-il.Mettre ses atouts en avant pour les touristesDans le rôle du « technicien », la CCI s'efforce depuis un an de structurer la filière en rassemblant les producteurs, les créateurs de contenu, les prestataires techniques et les entreprises de postproduction ou d'effets spéciaux. Le but : connaître leurs besoins, identifier les manques, relever les attentes. Parallèlement, un consortium d'entreprises de l'image et du son 3D s'est créé en février 2012 à Sophia Antipolis. La technopole est un véritable vivier de jeunes pousses innovantes fortement orienté vers les TIC.Pour la mise en images, enfin, les professionnels du tourisme multiplient les initiatives. « Les destinations qui utilisent le cinéma pour renforcer leur attractivité gagnent des places au box-office », observe Éric Doré, le directeur général du CRT de Côte d'Azur, qui a confié à deux blogueurs - l'un écossais, l'autre anglais - la réalisation de filmtra-vellercotedazur.com, un blog en anglais qui met en valeur les lieux de tournage, les artistes, et raconte moult anecdotes... Avant l'été, un concours via Facebook, évidemment anglé cinéma, sera même lancé. Pas de doute : faut que ça tourne!La Côte d'Azur ou ailleurs, choisissez votre voyage sur-mesure

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