François Fillon dans son rôle favori, l'inflexible

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François Fillon assume, "droit dans ses bottes", selon l'expression consacrée, reprise par le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. Malgré le succès de la mobilisation syndicale, le premier ministre est resté ferme, vendredi, sur la réforme des retraites, à laquelle des retouches pourront seulement être apportées, au cours du débat parlementaire. Fait exceptionnel, il avait choisi le format de la conférence de presse pour livrer ce message de fermeté, en l'absence d'Eric Woerth. En charge de la réforme des retraites, et monopolisant jusqu'à maintenant la communication sur le sujet, à la demande de l'Elysée, le ministre du Travail est jugé aujourd'hui entravé par l'affaire Bettencourt.La réforme pourra évoluer, concernant les carrières longues, la pénibilité, ou encore la situation des polypensionnés, mais il ne faut pas s'attendre à des boulerversements. "Il dit qu'il écoute mais il ne tient compte de rien" a résumé le même Jean-Claude Mailly. François Fillon se fait fort de rappeler les manifestations contre les précédentes réformes, qui n'ont pas empêché celles-ci d'être votées, avant d'être finalement acceptées. "Ces réformes, contestées en leur temps, elles sont admises par tout le monde, y compris par ceux qui les ont combattues, souvent avec le plus de force", dit-il.Aveu délibéréIl assume même des augmentations d'impôt. Le chef du gouvernement admet pour la première fois que l'éxécutif relève bel et bien les impôts des Français. "Nous entendons supprimer ou réduire un grand nombre de niches fiscales ou sociales, ce sont donc bien des augmentations d'impôt, il faut appeler les choses par leur nom" déclare-t-il, admettant là une réalité jusqu'alors niée par la communication gouvernementale. Bien sûr, le premier ministre s' empresse d'ajouter que "ce ne sont pas des augmentations générales des impôts qui pèsent sur les ménages ou sur les entreprises". Car, "s'agissant de ces impôts, je veux parler de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur les sociétés, de la TVA, enfin de l'ensemble de la fiscalité, nous sommes déjà à des niveaux qui sont parmi les plus élevés, sinon les plus élevés de tous les pays européens". Mais "l'aveu" avait été fait. A dessein.Niches fiscalesPour rendre crédible l'objectif de réduction de 40 milliards d'euros des déficit publics entre 2010 et 2011 ( de 8% du PIB à 6%). François Fillon table sur 15 milliards de baisse du déficit grâce à l'extinction des mesures du plan de relance, sur 10 milliards de recettes apportées par la croissance, le reste venant de diverses mesures, dont une politique ambitieuse de réduction de niches fiscales et sociales. Sur trois ans, entre 2011 et 2013, 8,5 milliards d'euros pourraient être ainsi "récupérés" sur les niches , alors que le programme de stabilité transmis en début d'année à Bruxelles tablait sur 6 milliards sur cette même période.Pas question pour l'instant d'avouer pratiquer une politique de rigueur. "Il y a des pays qui baissent les rémunérations des fonctionnaires, il y a des pays qui licencient des fonctionnaires, il y a des pays qui réduisent de façon drastique les finances publiques, qui augmentent de plusieurs points de la TVA, cela s'appelle une politique de rigueur". François Fillon n'exclut pas, qu'un jour, il soit "amené à conduire une politique comme celle-là". Alors, il dira qu'il s'agit de "rigueur". Mais "pour l'instant, ce que nous essayons de faire, c'est d'éviter cette politique là". Et de préférer le terme "responsable".S'il le fallait, François Fillon, c'est certain, serait prêt à l'assumer, la rigueur, la vraie.

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