L'Espagne est toujours prise au piège du déficit, de la croissance faible et du chômage élevé

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À l'image d'un Nicolas Sarkozy réunissant son équipe il y a quelques jours pour préparer la rentrée, le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero sera entouré, ce jeudi, de ses ministres clés pour aborder septembre. S'il leur faut évaluer le danger d'une grève générale, prévue pour le 29 du mois prochain, il s'agira aussi de juger l'efficacité des premières mesures visant à réduire le déficit (près de 10 % du PIB cette année). Le budget 2011, « le plus austère depuis le retour de la démocratie », selon la presse espagnole, doit, quant à lui, être présenté au Parlement avant le 1er octobre. En réduisant les dépenses de 7,7 % comme il le prévoit, le gouvernement a certes de quoi espérer voir les comptes publics revenir un jour à l'équilibre, mais il risque également de faire dérailler la croissance... Ce jeudi seront dévoilées les composantes du PIB du deuxième trimestre, à la suite de la publication, le 13 août dernier, de sa progression?: + 0,2 %. Selon Jésus Castillo, économiste spécialisé sur l'Espagne chez Natixis, la consommation aura été l'un des soutiens de la croissance. Or, elle pourrait s'essouffler. D'abord parce que « les achats ont été réalisés en anticipation de la hausse de 2 % de la TVA, au 1er juillet », explique cet expert. Ensuite, parce que d'autres incitations à la dépense vont disparaître. C'est vrai de la prime à la casse comme de la ristourne fiscale de 400 euros pour les ménages les plus modestes. Autant dire que les consommateurs, qui avaient pourtant réussi (en particulier grâce à des prestations sociales, dont des allocations chômage généreuses) à garder un certain appétit malgré la crise, pourraient maintenant le perdre. Même les mieux lotis peuvent avoir le blues, puisque les hauts fonctionnaires vont bientôt sentir le couperet tomber sur leur salaire. Dans ces conditions, les économistes sont peu optimistes pour la croissance à venir. Ceux de Natixis prévoient une contraction du PIB de 0,7 % sur l'année 2010. Reste le taux de chômage, l'un des plus élevés de l'Union européenne. Si le niveau actuel, à 20,1 %, semble être un pic, il ne faudra pas s'attendre à un reflux significatif avant 2012. L. J. B.

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