Les Républicains se « droitisent » pour séduire

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« J'ai toujours tout fait pour gagner », déclarait récemment le sénateur de l'Arizona, John McCain, ancien prétendant à la Maison Blanche contre Barack Obama et candidat à sa succession aux législatives de novembre. S'il réagissait à une question d'un journaliste concernant les sommes faramineuses qu'il avait dépensées - quelque 20 millions de dollars contre moins de 3 millions de la part de son rival républicain aux primaires de son parti dans l'État d'Arizona, sa réponse peut s'entendre de façon plus large. Au diapason des Tea-PartiesCertes, l'ancien prisonnier au Vietnam est un dur à cuire. Mais sa défaite à la Maison Blanche le fait, aux dires de son entourage, encore souffrir. Pas question donc, alors qu'il remet en jeu son siège de sénateur, de perdre à bientôt 74 ans cette dernière chance de poursuivre sa carrière politique à Washington... Gagner les primaires était un premier pas essentiel sur la route de la victoire finale. Ce qu'il a réussi, dans la nuit de mardi à mercredi. Et selon les pronostics, il devrait conserver son siège au Sénat, qu'il détient depuis près de vingt-cinq ans. Reste que tout faire aujourd'hui signifie, pour de nombreux républicains, se mettre au diapason des supporters les plus bruyants, ceux des « tea-parties ». Ces électeurs, qui prennent modèle sur la rebellion des colons britanniques contre la taxe de la Couronne sur le thé en 1773, sont, depuis le plan de sauvetage des banques orchestré par l'administration Bush, contre tout ce qui ressemble à un gouvernement intrusif. Ils se sont élevés contre le plan de relance économique de l'équipe Obama, et, dans la foulée, contre la réforme de la santé, qui donne trop de poids à l'État, les hausses d'impôts, l'immigration. C'est d'ailleurs dans l'Arizona du Sénateur McCain que la loi, rejetée en partie par une cour fédérale, est la plus stricte en matière de lutte contre l'immigration clandestine. Une position dure que John McCain soutient désormais, n'hésitant pas à proclamer sur des publicités qu'il voulait finir de construire le mur à la frontière mexicaine. Un changement radical par rapport à son initiative de 2005, prise avec son ami le démocrate Ted Kennedy sur un texte de loi offrant une amnistie aux illégaux. Un indépendantMême chose pour le réchauffement climatique : alors qu'il était favorable à des mesures de réduction des émissions de gaz à effets de serre, voilà qu'aujourd'hui il dénigre des propositions tel que le « cap and trade ». De même, sur d'autres thèmes, McCain, considéré comme un indépendant qui ne se laisse pas ligoter par son parti, s'est « droitis頻 - à l'instar d'autres candidats républicains, pour gagner. Lysiane J. Baudu

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