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Il en coûte un demi-million d'euros à une entreprise pour faire noter sa dette

La Tribune

Publié le 25 septembre 2013 à 21:04 - Mis à jour le 25 septembre 2013 à 21:04

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Pour une entreprise, faire noter sa dette par une agence d'évaluation financière comme Standard & Poor's (S&P), Moody's ou Fitch a un coût. Et pas des moindres : il s'élève à 540.000 euros par an, en moyenne, d'après un sondage réalisé par le cabinet de conseil en services financiers bfinance auprès de 30 groupes européens. Et, pour peu qu'elles soient notées non pas par une mais par deux, voire trois agences, certaines entreprises dépensent même plus d'un million d'euros chaque année, en commissions fixes et en commissions variables, basées sur les montants de dette émis. Le coût de la notation de crédit a grimpé de 10%, en un an Des prix "qui ne cessent d'augmenter", souligne bfinance. Ainsi, le coût de la notation de crédit a grimpé de 10%, au cours des douze derniers mois. Et encore, il ne s'agit là que d'une moyenne, 27% des émetteurs sondés faisant état d'un bond de 15% et certains évoquant des envolées de 60%. Il faut dire que "les agences exercent une pression croissante sur les émetteurs pour que ces derniers fassent noter non plus seulement leur dette obligataire, mais également leur dette bancaire", indique Didier Philouze, directeur associé chez bfinance. Au motif que si les entreprises ont pu obtenir de bonnes conditions de financement auprès de leur banque, c'est parce que leur dette obligataire est bien notée par les agences… S&P et Moody's se partagent le marché de la notation Si ces dernières n'hésitent pas à tirer leurs prix à la hausse, c'est d'abord parce qu'elles sont en situation de monopole, voire de duopole, S&P et Moody's se partageant l'essentiel du marché. De fait, sur les 30 émetteurs interrogés par bfinance, 96% sont notés par S&P, 80% par Moody's, et 31% seulement par Fitch. Pour justifier leurs tarifs, les agences invoquent également le réalignement de prix avantageux longtemps accordés à des émetteurs historiques. Ainsi que la complexité croissante des outils de financement émis par les entreprises. Sans oublier les investissements qu'elles - les agences - consentent au titre de l'effort de transparence exigé par l'ESMA, l'autorité européenne des marchés financiers. Pour autant, "la hausse des commissions de notation suscite la grogne de beaucoup d'émetteurs historiques", affirme bfinance. Un mécontentement d'autant plus compréhensible qu'une relation avec une agence de notation, c'est un peu "à la vie, à la mort" : « Les émetteurs sont prisonniers de la notation, il est difficile de sortir du système une fois qu'on a émis du papier not頻, explique David Laugier, directeur associé chez bfinance. Les entreprises reconnaissent que les agences de notation leur sont indispensables Mais que peuvent-faire les entreprises, à part grogner ? Pas grand-chose car, elles-mêmes le reconnaissent dans l'enquête de bfinance, les agences de notation leur sont " indispensables" pour convaincre les investisseurs de souscrire à leurs émissions obligataires. Ne serait-ce que parce que nombre de grands fonds obligataires n'ont pas le droit d'investir dans des entreprises si celles-ci ne sont pas notées. "Quand on se finance sur les marchés, on est obligé de communiquer activement sur son profil de risque auprès des investisseurs, et cette communication passe par les agences de notation. Se faire noter permet d'acquérir une visibilité auprès des investisseurs", insiste bfinance. Les financements obligataires représentent déjà 48% de la dette du SBF 80 Et le rôle des agences de notation va aller croissant, dans le contexte actuel de désintermédiation financière. La future réglementation de Bâle III, relative au renforcement des fonds propres des banques, va peser sur la capacité de ces dernières à prêter de l'argent. Si bien que les entreprises vont devoir se tourner de plus en plus vers les marchés pour se financer. Déjà, les financements obligataires représentaient 48% du total de la dette des sociétés du SBF 80 (les 80 principales sociétés de la Bourse de Paris, après le CAC 40) fin 2012, soit une hausse de 11 points en trois ans. A l'inverse, la part des financements bancaires a fléchi de 11 points, à 33%. Vers des tarifs adaptés aux PME et aux ETI Le hic, c'est que ce sont surtout les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui risquent de faire les frais de la raréfaction du crédit bancaire, et non les grandes entreprises. Or, quelle PME est en mesure de débourser un demi-million d'euros par an pour faire noter sa dette par une agence ? "S&P et Moody's sont en train de travailler à une méthodologie de notation spécifique aux PME et aux ETI, avec un coût significativement moins élevé que celui en vigueur pour les grands émetteurs", indique David Laugier. Nul doute que l'apparition de petites concurrentes spécialisées sur les PME et les ETI, comme Scope Ratings, pousse les grandes agences de notation à cette adaptation de leurs tarifs.

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