Révolution verte  : le prix de l'équité

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Peut-on être vert sans être solidaire ? Si le ministère de l'Écologie a annoncé hier un important dispositif de subvention des ménages modestes pour les aider à financer l'isolation de leur logement, c'est parce qu'il n'y a pas de politique environnementale qui tienne sans politique active de solidarité. On l'a vu avec la taxe carbone, comme avec la conférence de Copenhague sur le climat : la révolution verte se heurte à la solvabilité des acteurs. Qu'il s'agisse des pays émergents, ou, chez nous, des ménages qui croulent sous le poids des dépenses contraintes, ou qui vivent loin de leur lieu de travail. La lutte contre le réchauffement, on le sait, pèse bien davantage sur les plus pauvres. Dès lors, on ne saurait imposer à tous des doubles vitrages ou une isolation coûteuse, dont le retour n'apparaît que dans la durée, ni même une taxe carbone très lourde pour certains, sans compenser dès aujourd'hui les inégalités de ressources. Insensiblement, l'irruption de l'écologie dans nos vies, et dans notre façon de penser la politique, nous a conduits à substituer à la bonne vieille égalité républicaine une exigence croissante d'équité. Cela devrait certes nous permettre d'accélérer la mise en oeuvre de ces politiques, en les rendant accessibles à tous. Mais ce faisant, toute démarche incitative se voit complexifiée par d'innombrables mécanismes de compensation qui, comme pour la taxe carbone, finissent par la rendre illisible. Lesquels, de surcroît, alourdissent un peu plus la facture finale pour la collectivité. On savait qu'avant d'être un moteur économique, la politique verte serait coûteuse pour la croissance. Elle le sera aussi pour les finances publiques. Peut-être est-ce là le prix d'un avenir meilleur. Mais c'est un prix qu'il faut bien mesurer. vsegond@latribune.fr Valérie Segond

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