L'arme antibanquier de Gordon Brown

Un millionnaire pour s'attaquer à la City ? C'est l'étonnant rôle endossé par Paul Myners, le secrétaire d'État à la City. Avec son franc-parler, l'ancien gérant de fonds est progressivement devenu l'incontournable arme de Gordon Brown pour s'attaquer aux dérapages des golden boys. Dans sa mission, qui est de défendre la City, il multiplie les déclarations chocs. Les actionnaires ? Ils agissent comme « des parieurs sur un champ de course ». Les banques ? « Imprudentes, ineptes, stupides. » Les banquiers ? « Ils doivent revenir dans le monde réel. » Malgré ses origines modestes, Paul Myners n'a pas, pourtant, le profil d'un révolutionnaire. Il a dirigé pendant quinze ans la société de gestion Gartmore, multiplié et accumulé, dit-on, une fortune de plus de 30 millions d'euros.Ce père de cinq enfants, très religieux, a été appelé au gouvernement par Gordon Brown en octobre 2008, en pleine tempête. Les deux hommes se connaissent bien : Paul Myners avait rédigé plusieurs rapports pour l'ancien chancelier de l'Échiquier. S'il a immédiatement apporté ses compétences pour le plan de sauvetage des banques, dont il est l'un des principaux architectes, il a surpris par son sens politique. Il a ainsi su faire oublier son soutien à l'ancien patron de RBS, attaqué sur sa très généreuse retraite, par des déclarations fracassantes sur les bonus. Il a également appelé les investisseurs institutionnels à être des actionnaires plus attentifs, lui qui pourtant n'a jamais été un gérant remarqué par son activisme ! Mais le parler fort rend crédible. E. A.

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