Un cénacle chic aux idées chocs

« Nous nous retrouvons à un moment fondateur, et le défi que je nous lance à tous est de saisir cette opportunité pour travailler ensemble à améliorer l'état du monde : repenser, redessiner, reconstruire. » C'est avec ces mots que Klaus Schwab, le patron et le fondateur du forum économique mondial de Davos, a accueilli mardi soir les 2.000 participants à la 40e édition de cette manifestation unique au monde. Patrons du monde entier, dirigeants politiques, intellectuels, personnalités religieuses vont donc plancher, pendant cinq jours, pour refaire le monde. Parmi les sujets qui seront traités : l'architecture du système financier mondial, le pouvoir économique des femmes, la pollution des océans ou la puissance montante de l'Asie. Mercredi en fin d'après-midi, Nicolas Sarkozy prononcera le discours d'inauguration : les organisateurs ne sont pas peu fiers d'avoir décidé le président français à se rendre dans cette enceinte, jusqu'ici dominée par les dirigeants politiques américains et britanniques.À Davos pourtant, il n'y aura ni « conclusions » ni « recommandations ». Le forum est d'abord un lieu d'échanges et de rencontres informelles. La plupart des patrons y viennent bien sûr pour s'ouvrir à de nouvelles idées (il y en a chaque année) mais aussi pour faire des affaires. De nombreuses salles privées offrent l'opportunité de faire avancer une négociation. Et, avantage incomparable, on a tout le monde sous la main, puisque la planète entière enfile ses « moon boots » pour gravir la « montagne des vanités », comme le disait méchamment Lewis Lapham­, un journaliste américain qui a écrit un petit livre corrosif sur les visiteurs de Davos. Parole au visionnaireDès mercredi matin, les participants devraient avoir une idée de l'humeur collective, lors d'une première session consacrée à la conjoncture. Y parlera notamment la nouvelle star de Davos, Nouriel Roubini, l'économiste qui a détrôné tous les autres pour avoir annoncé la crise des subprimes. Tout le monde attend son diagnostic pour 2010. En général, le « mood » (l'humeur) se définit très tôt et perdure dans les jours qui suivent. En général encore, elle est trompeuse quant à la conjoncture qui se profile : si les experts réunis à Davos sont confiants, cela ne dit rien qui vaille pour l'année à venir. En revanche, s'ils sont inquiets, c'est souvent bon signe. Pour être dirigeants, ils n'en sont pas moins hommes, et soumis à une psychologie collective souvent moutonnière et fallacieuse. François Lenglet, envoyé spécial à Davos

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